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Industrie: Valeo propose le gel des plans sociaux contre... le gel des salaires, durant 2 ans

 La direction de Valeo dit s'engager "à ne pas lancer de procédure visant à fermer définitivement un établissement du groupe en France dans les 24 mois suivant la signature" de l'accord".

La direction de Valeo dit s'engager "à ne pas lancer de procédure visant à fermer définitivement un établissement du groupe en France dans les 24 mois suivant la signature" de l'accord". - François Lo Presti-AFP

La direction de l'équipementier automobile propose de ne procéder à aucun plan social en France pendant deux ans en échange de contreparties sur les salaires. Des dispositions qui doivent encore recevoir le feu vert des syndicats.

Valeo, qui veut réduire ses coûts de production en France, propose aux syndicats un "troc social" d'un nouveau genre: le gel des plans sociaux contre un gel des salaires, sous forme d'un accord de performance collective (APC).

Dans un message aux salariés la direction de l'équipementier automobile dit s'engager "à ne pas lancer de procédure visant à fermer définitivement un établissement du groupe en France dans les 24 mois suivant la signature" de l'accord.

Deux ans de gel des salaires

Du côté des contreparties demandées aux salariés, l'accord proposé par la direction prévoit deux ans de gel des salaires (avec une clause de retour à bonne fortune en 2022) et deux ans de gel de l'intéressement. S'y ajoutent la suppression de congés spécifiques et une "harmonisation entre les différents sites de certaines primes, sur un minimum", selon Pascal Phan, coordinateur de la section syndicale CFE-CGC Valeo.

Celui confirme "les engagements pris par la direction" comme "l'absence d'ouverture d'un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) ainsi que l'absence de fermeture d'établissements en France pendant 24 mois."

Valeo veut réduire de 10% ses coûts salariaux en France

La dernière réunion sur des négociations entamées à l'été et destinées à réduire de 10% les coûts salariaux de Valeo dans l'Hexagone, soit 100 millions d'euros, a eu lieu hier mercredi 23 septembre. Le texte de l'accord, qui portera sur différents axes (épargne salariale, compétitivité et performance collective), doit encore être finalisé. Il sera soumis à signature jusqu'au 29 septembre, ont indiqué la CFE-CGC et la CGT de Valeo. Cela n'empêche pas des départs sous forme de rupture conventionnelle collective (RCC) ou de plan de départs volontaires (PDV), notent les syndicats.

La CGT ne signera pas l'accord proposé par la direction

La CGT, 2e syndicat chez Valeo, a annoncé qu'elle ne signerait pas. La CFE-CGC, première organisation dans l'entreprise, ne s'est pas encore positionnée. FO est la troisième organisation représentative.

D'après les syndicats, le passage des forfaits jours de 215 à 218 jours et la baisse de 5% du salaire de base des ingénieurs et cadres, envisagés par la direction, ont finalement été laissés de côté.

Mais l'accord de performance collective (APC), dont les mesures sont "à durée indéterminée", prévoit "la suppression de deux jours de congé pour les cadres dirigeants", ainsi qu'une "flexibilité dans l'organisation du travail" avec la possibilité de changer les horaires des équipes en production, précise Pascal Phan.

"Si un salarié refuse les mesures de l'APC, il peut être licencié", souligne Patrice Caux, de la CGT.

F.B. avec AFP