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Guerre commerciale: Joe Biden ne veut pas "mettre le doigt dans l'œil de ses amis" comme Donald Trump

Le président élu Joe Biden, le 10 novembre 2020 à Wilmington, dans le Delaware

Le président élu Joe Biden, le 10 novembre 2020 à Wilmington, dans le Delaware - ANGELA WEISS © 2019 AFP

Alors que Donald Trump avait mené depuis 2018 une guerre commerciale à l'Europe, le président élu Joe Biden qui dévoilera son plan pour le commerce international en janvier laisse entendre qu'il se montrera moins brutal avec ses partenaires européens.

Le président élu des Etats-Unis Joe Biden, qui doit entrer en fonction le 20 janvier, a annoncé lundi qu'il présentera au lendemain de son investiture son plan détaillé pour le commerce international, dont il n'a donné que quelques pistes.

Joe Biden a néanmoins dévoilé quelques détails de sa feuille de route, très éloignée de celle de Donald Trump, auteur d'une guerre commerciale avec les principaux partenaires de Washington pendant ses quatre ans de mandat.

"Je vous promets que j'ai un plan détaillé et que je me prépare à l'annoncer le 21 janvier", a déclaré Joe Biden lors d'une session de questions-réponses après un discours sur l'économie prononcé depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware.

"J'ai parlé avec plusieurs dirigeants du monde, et je leur ai dit que selon la loi, je ne suis pas autorisé à commencer à discuter avec eux, il n'y a qu'un président à la fois", a-t-il ajouté, faisant valoir que les Etats-Unis devaient rejoindre le front des démocraties dans le commerce international.
"L'idée de mettre le doigt dans l'oeil de nos amis et d'embrasser les dictateurs n'a aucun sens pour moi", a-t-il dit, comme un pied de nez à son prédécesseur.

Retour dans l'accord de Paris

Joe Biden a dit vouloir redonner sa place aux Etats-Unis sur l'échiquier du commerce international, face à la Chine notamment, un sujet sur lequel il rejoint toutefois Donald Trump, qui avait mené une guerre commerciale avec Pékin pour rééquilibrer les échanges.

"Nous représentons jusqu'à 25% de la capacité mondiale des échanges de biens et services. Nous devons être alignés avec les autres démocraties (...) afin de pouvoir imposer nos règles du jeu au lieu de voir la Chine et d'autres dicter les leurs parce qu'ils sont les seuls joueurs", a souligné le démocrate.

Il a également assuré que son administration allait "investir dans les travailleurs américains et les rendre plus compétitifs".

Interrogé sur un retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat, que Donald Trump a quitté, ou sur l'Organisation mondiale de la santé, dont l'administration Trump a entamé les procédures pour sortir, Joe Biden a simplement évoqué le retour du pays dans ces accords et organisations, mais sans donner de détails sur le rôle qu'y tiendra la première puissance mondiale.

"Nous nous assurerons que le (sujet) du travail soit abordé et que les environnementalistes soient à la table pour tout accord que nous signerons", a-t-il encore commenté.

3 millions d'emplois bien payés

Le président-élu des Etats-Unis a par ailleurs annoncé lundi vouloir créer 3 millions d'emplois "bien payés", notamment grâce aux technologies, les voitures électriques et les énergies vertes. Face aux nouvelles restrictions destinées à contenir la résurgence de la pandémie de Covid-19, il a estimé qu'un "soutien immédiat" devait être apporté à l'économie.

"Notre plan est de créer des millions d'emplois bien payés dans l'industrie manufacturière, dans la construction de voitures, de produits, de technologies, dont nous aurons besoin dans le futur pour être compétitifs face au reste du monde (...) Nous achèterons américain", a-t-il dit lors d'un discours sur l'économie dans sa ville de Wilmington (Delaware).

Il a également réaffirmé que les grosses entreprises et les Américains les plus aisés allaient payer leur "juste part" d'impôts, et qu'il entendait mettre en place un salaire minimum à 15 dollars de l'heure.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi avec AFP Journaliste BFM Éco