BFM Business
Economie

General Motors envisage de (presque) en finir avec le thermique en 2035

L'initiative de GM ne s'appliquerait pas aux véhicules les plus imposants, comme les camions, mais inclurait bien les SUV ou les pick-up

L'initiative de GM ne s'appliquerait pas aux véhicules les plus imposants, comme les camions, mais inclurait bien les SUV ou les pick-up - Justin Sullivan - Getty Images North America - AFP

GM (Cadillac, GMC, Chevrolet, Buick) ouvre une réflexion sur l'arrêt de la production de véhicules thermiques d'ici 15 ans, y compris SUV et pick-up, mais pas les camions.

Cette annonce est considérée comme un bombe dans l'industrie mondiale de l'automobile. L'américain General Motors (GM) a dévoilé son intention de ne plus construire d'ici 2035 de voitures à émissions polluantes. Une véritable révolution industrielle et commerciale puisque l'immense majorité de sa production se compose de grosses motorisations diesel ou essence. Le groupe détient les marques Cadillac, GMC, Chevrolet et Buick.

L'initiative de GM ne s'appliquerait pas aux véhicules les plus imposants, comme les camions, mais inclurait bien les SUV ou les pick-up, particulièrement populaires aux Etats-Unis. Le groupe prévoit par ailleurs que tous ses véhicules et activités soient "neutres en carbone" d'ici 2040.

Le groupe reste tout de même prudent. Il ne s'est pas ouvertement engagé à ne produire que des véhicules électriques en 2035. Mais dans un communiqué, il affirme prendre "des mesures pour y parvenir". "Cela demandera la collaboration du reste de la filière, des gouvernements et des clients."

GM aura l'appui de l'administration Biden. Le nouveau locataire de la Maison Blanche s'est en effet fixé pour objectif de rendre la flotte de véhicules du gouvernement entièrement propre et de faire construire 500.000 stations de recharge électrique supplémentaires dans le pays.

"Avec le programme vert (du président américain Joe) Biden à l'horizon, nous pensons que d'autres constructeurs automobiles pourraient suivre l'exemple de GM aux Etats-Unis", a ainsi estimé Dan Ives, analyste pour Wedbush.

Compenser par des crédits carbone

Quand la suppression des émissions ne sera pas possible, GM les compensera par des crédits carbone ou la capture du carbone, a affirmé sa patronne, Mary Barra.

Pour General Motors, l'impact carbone le plus important provient des émissions d'échappement des véhicules que nous vendons - dans notre cas, à hauteur de 75%", a souligné la dirigeante dans un message posté sur le réseau LinkedIn. "C'est pourquoi il est si important d'accélérer vers un avenir dans lequel chaque véhicule que nous vendons est un véhicule zéro émission", a-t-elle ajouté.

"Mais il est également essentiel que nous réduisions les émissions de nos opérations dans le monde - depuis les usines de fabrication que nous gérons à l'énergie que nous utilisons pour produire ces véhicules", a aussi souligné Mme Barra, en invitant les autres entreprises à suivre son exemple.

GM a multiplié ces derniers mois les annonces sur les véhicules électriques. Il prévoit d'en proposer 30 modèles en 2025, avec des versions dans ses quatre marques et d'investir au total 27 milliards de dollars dans les véhicules électriques et autonomes en cinq ans. GM vend déjà la Bolt, et d'autres modèles vont suivre avec la Cadillac Lyriq et une version électrique du Hummer.

Le groupe avait aussi renoncé en novembre à soutenir l'administration Trump dans son effort visant à ôter à la Californie le droit de fixer ses propres normes en matière de pollution automobile. Pour Karl Brauer, spécialiste du secteur automobile pour le site iSeeCars, quelques réserves sont à émettre.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama avec AFP Journaliste BFM Éco