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Fortunes: Bernard Arnault parti pour rester longtemps plus riche qu'Elon Musk?

Le milliardaire français s'est installé en tête du classement des premières fortunes mondiales de Forbes et les perspectives florissantes du marché du luxe pourraient l'y maintenir un long moment cette fois.

Depuis quelques jours, c'est le jeu des chaises musicales en tête du classement Forbes des plus grandes fortunes de la planète. Après avoir brièvement dépassé Elon Musk ce mercredi, Bernard Arnault (et sa famille) a reculé d'une marche avant de reprendre la tête ce jeudi.

Et depuis il creuse l'écart. Ce jeudi en cours de séance, la fortune de la famille du fondateur de LVMH a même dépassé celle du patron de Tesla de quelque 3 milliards de dollars. Ce vendredi matin avant l'ouverture des Bourses, le Français conservait 1,2 milliard d'avance sur l'Américain.

Si Musk reste devant Arnault dans le classement de Bloomberg qui ne tient compte que de la fortune personnelle et non familiale, l'écart s'est réduit comme peau de chagrin en 2022. Au 1er janvier, l'écart de patrimoine atteignait 92,4 milliards de dollars entre les deux grandes fortunes (270,2 milliards pour Musk, 177,8 milliards pour Arnault). Il n'est plus désormais que de 3 milliards de dollars (171 milliards pour Musk, 168 milliards pour Arnault).

Bernard Arnault a accédé par deux fois ces derniers mois au rang de première fortune mondiale mais il avait été rapidement repris par Jeff Bezos ou Elon Musk dans la foulée.

Près de 100 milliards de perdus pour Musk

Cette fois, il pourrait bien être parti pour maintenir sa position. Car si les marchés boursiers font grise mine depuis que les banques centrales ont resserré l'accès aux crédits, ce sont les valeurs technologiques qui sont le plus pénalisées. Résultat, les milliardaires de la tech ont vu leur patrimoine s'écrouler en 2022: -99,2 milliards de dollars pour Elon Musk (Tesla), -79 milliards pour Jeff Bezos (Amazon), -24 milliards pour Bill Gates (Microsoft), -40 milliards chacun pour Sergey Brin et Larry Page (Google), -82 milliards pour Mark Zuckerberg (Facebook).

Or dans le même temps, le patron de LVMH n'a lui perdu "que" 9,8 milliards de dollars. Alors que les géants de la tech subissent le contrecoup de l'après-Covid, période qui avait vu leur valorisation atteindre des sommets, le secteur du luxe lui est plus que jamais florissant.

Grâce à une clientèle peu touchée par l'inflation, les géants du luxe comme LVMH, Kering ou Hermès ont affiché des progressions à deux chiffres pour leurs ventes au troisième trimestre, faisant fi des restrictions sanitaires en Chine, un de leurs principaux marchés, et de la hausse des coûts. LVMH, le numéro 1 mondial du secteur, a réalisé 19,75 milliards d'euros de ventes au troisième trimestre, en hausse de 19% à taux de change comparable.

Après avoir réalisé 12 milliards d'euros de bénéfice net en 2021, le propriétaire de Louis Vuitton ou Moët et Chandon pourrait faire encore mieux en 2022. Sur les six premiers mois de l'année, ce sont plus de 6,5 milliards d'euros qui ont été engrangés par le groupe, soit 23% de plus que sur la même période un an plus tôt.

Le marché du luxe va plus que doubler

Alors qu'Elon Musk est empêtré dans les affaires Twitter, entreprise non bénéficiaire et pourtant payée quelque 44 milliards de dollars par le milliardaire, les signaux sont au vert pour Bernard Arnault. La Chine, qui pèse à elle seule 20% de l'activité du groupe, a allégé ses restrictions sanitaires et semble sortir progressivement de sa politique zéro-Covid qui la pénalise sur le plan économique.

Plus globalement, le marché mondial du luxe a bondi de 13% cette année selon l'étude annuelle du cabinet de conseil Bain and Company. Si l'année prochaine devrait être moins spectaculaire, le cabinet estime la croissance du secteur entre 3 et 8% selon les différents scénarios.

"A l'horizon 2030, on reste sur cette perspective relativement soutenue de croissance de 5 à 7%. Ce qui voudra dire que le marché du luxe mondial, aura plus que doublé entre 2020 et 2030", estime Joëlle de Montgolfier, la directrice du pôle luxe chez Bain and Company à l'AFP.

De quoi attirer les investisseurs qui font grimper les cours de Bourse des géants du secteur et donc les patrimoines des milliardaires français sur-représentés dans ce secteur d'activité.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco