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Financement de la dépendance: le gouvernement refuse toute hausse de la fiscalité

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à Berlin, le 11 septembre 2020, à l'occasion d'une réunion informelle des ministres européens des Finances

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à Berlin, le 11 septembre 2020, à l'occasion d'une réunion informelle des ministres européens des Finances - Kay Nietfeld © 2019 AFP

Dans une interview donnée aux Echos, le ministre de l'Economie et le ministre délégué chargé des Comptes publics sont revenus sur la gestion de la crise et des futurs enjeux pour la France.

La reprise est là, mais le chemin est encore long pour retrouver le niveau d'avant-crise. Voici, en résumé, la ligne de Bercy qui a affiché des perspectives économiques un peu plus optimistes pour l'année en cours et celle d'après.

Pour autant, les enjeux ne manquent pas et la situation financière très dégradée (un déficit à 10,2 % en 2020) laisse peu de marges de manœuvre pour l'exécutif qui tient à maintenir une trajectoire crédible des comptes publics.

Interviewés dans Les Echos, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et le ministre délégué chargé des Comptes publics Olivier Dussopt sont notamment revenus sur le financement de la dépendance, alors qu'un rapport remis un gouvernement propose des hausses de prélèvements pour cette prise en charge.

Avec un leitmotiv: pas de hausse d'impôts. "Nous devons être plus créatifs et trouver d'autres solutions" assume Bruno Le Maire.

"Ne cédons pas à ce réflexe pavlovien et tellement français de rajouter des impôts dès qu'apparaît une nouvelle dépense sociale" tranche Bruno Le Maire. "Nous devons être plus créatifs et trouver d'autres solutions."

Même son de cloche pour Olivier Dussopt. Le rapport "fait une série de propositions que nous allons examiner et soumettre à la concertation, ce ne sont que des pistes qui n'engagent pas le gouvernement."

"Stop aux nouveaux impôts !"

Reste que la question de la fiscalité reviendra irrémédiablement sur la table. "Stop aux nouveaux impôts !" martèle encore Bruno Le Maire, alors que la Convention citoyenne réclame une écocontribution de plus de 4 milliards d'euros au secteur aérien. "Ce serait ubuesque de reprendre d'une main au secteur du transport aérien ce que nous lui donnons de l'autre !" souligne le ministre.

"Depuis 2017, nous avons baissé les impôts de 44 milliards d'euros" rappelle-t-il. "22 milliards pour les ménages, avec la suppression de la taxe d'habitation et la baisse de l'impôt sur le revenu ; 22 milliards pour les entreprises, avec la baisse de l'impôt sur les sociétés et des impôts de production (...) Pour autant, notre taux moyen de prélèvement obligatoire reste 10 points au-dessus de la moyenne de l'OCDE."

Le taux représentait 44,1 % du PIB en 2019, indique de son côté Olivier Dussopt "et va remonter cette année à 44,8 % parce que le PIB se contracte très fortement, davantage que les recettes." Mais la trajectoire espérée reste toujours à la baisse : "Notre objectif est d'atteindre un taux de prélèvements obligatoires de 43,8 % du PIB l'an prochain, grâce notamment aux baisses massives des impôts de production.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business