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Pourquoi la Fed ne veut pas toucher à ses taux

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Les taux directeurs de la Fed, auxquels les banques se refinancent à court terme, restent situés dans une fourchette comprise entre 2,25 % et 2,5 %.

Certains investisseurs souhaitaient que la Banque centrale américaine baissât ses taux lors de sa dernière réunion, mercredi 1er mai. Or, tel ne fut pas le cas. À l’unanimité de ses dirigeants, elle a décidé de ne pas y toucher. Les taux directeurs de la Fed, auxquels les banques se refinancent à court terme, restent donc situés dans une fourchette comprise entre 2,25 % et 2,5 %.

Dans son communiqué, la FED a souligné que l’activité croît « à un rythme solide ». Son Président Jerome Powel a indiqué qu’il pariait sur un rebond de la consommation des ménages et des investissements des entreprises. Il a estimé que la situation internationale se normalisait avec un Brexit repoussé en octobre et la poursuite des négociations commerciales avec la Chine.

Les risques de récession apparaissent moins importants qu’en début d’année. Le seul point qui aurait pu amener la FED à baisser les taux est l’accès de faiblesse de l’inflation. Elle n’était que de 1,5 %, loin de l’objectif de 2 %. L’inflation hors prix de l’énergie et de l’alimentation a reculé, se situant fin mars à 1,6 point sur douze mois. Ce dernier chiffre, qui sert de référence à la FED, était de 2 % en décembre 2018 et de 1,8 % en janvier.

Jerome Powell espère que celle-ci va remonter autour de 2 %, grâce au marché de l’emploi et à la croissance. C’est en raison notamment de cette prévision que le Comité monétaire a décidé de ne pas baisser les taux d’intérêt, comme le demandait à plusieurs reprises Donald Trump. Ce dernier a déclaré le 30 avril que « nous avons le potentiel de décoller comme une fusée si nous baissons les taux, par exemple d’un point ».

Certains commentateurs ont estimé que, en n’obtempérant pas, la FED avait voulu marquer son indépendance par rapport à l’exécutif. Donald Trump n’a d’ailleurs pas réagi par tweet à l’issue de la réunion de mercredi.

Philippe CREVEL