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Et si les belles augmentations accordées aux métallos allemands faisaient grimper les prix en France?

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Image d'illustration. - Damien Meyer - AFP

L'Allemagne représentant près de 30% de l'économie de la zone euro, certains experts estiment que les augmentations obtenues par le syndicat de la métallurgie pourraient stimuler l'inflation chez ses voisins. Et donc aussi en France.

L'obtention de la semaine de 28 heures en Allemagne a fait couler beaucoup d'encre, mais ce n'est pas la seule victoire que le puissant syndicat de la métallurgie, IG Metall, a arraché mardi aux employeurs du secteur. Les travailleurs vont également bénéficier d'une augmentation de salaire annuelle de 3,5% pour les deux prochaines années. Le gain est substantiel, puisque la progression était précédemment de 2,5% en moyenne. 

La nouvelle est d’autant plus importante, qu’une hausse des rémunérations dans la métallurgie a tendance à se propager dans les autres secteurs de l’économie outre-Rhin. Or, la croissance des salaires est un indicateur particulièrement scruté car, en tant que composante du prix, ils peuvent influencer sur le niveau de l’inflation. Pour que cela soit possible, "il faudra être certain que les augmentations ne se limitent pas à l’industrie mais se généralisent et touchent les services", souligne Hervé Goulletquer, stratégiste chez La Banque Postale Asset Management (LBPAM).

"Ça ne fait pas une majorité de la zone euro"

Sachant que l’Allemagne représente près de 30% de l’économie de la zone euro, par extrapolation, les gains obtenus par les métallurgistes pourraient-ils influencer le niveau des prix dans les pays voisins? Analyste chez JP Morgan à Londres, Greg Fuzesi estime que la BCE pourrait revoir ses prévisions d’inflation à la hausse et, en conséquence, serrer progressivement la vis monétaire en faisant remonter les taux, rapporte la presse économique.

Hervé Goulletquer se veut plus prudent. L’Allemagne est caractérisée par des excédents commerciaux, une épargne forte et des dépenses faibles. Les institutions internationales, FMI en tête, lui intiment d’ailleurs d’augmenter ses dépenses. Une hausse des salaires est une façon de répondre à cette exigence. Néanmoins, "il faut faire la part des choses", tempère le stratégiste de LBPAM, "car ce qui vaut pour l’Allemagne, notamment en matière de conditions du marché du travail, ne vaut pas pour les pays d’Europe du Sud ni pour la France".

Sur le continent, seules les économies du Nord présentent des caractéristiques similaires à la République fédérale. L’onde pourrait par exemple atteindre les Pays-Bas, mais "ça ne fait pas une majorité de la zone euro", poursuit Hervé Goulletquer. "Si l’Allemagne montre le chemin, elle ne devrait pas être suivie de suite".

Jean-Christophe Catalon