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Environnement: comment un ananas venu du bout du monde peut obtenir un "éco-score" A

L'ananas est-il écolo?

L'ananas est-il écolo? - CC - Flickr - Benjamin Thompson

Des acteurs de l'alimentation comme Yuka ou FoodChéri ont lancé un nouveau label censé apporter des informations sur l'impact environnemental des aliments. Encore faut-il connaître la méthodologie.

Après les aliments sains pour le corps (et l'esprit), voici les aliments sains pour la planète. Un groupe d'acteurs de l'alimentation ont lancé un label indépendant, baptisé "éco-score", pour mieux informer et sensibiliser les consommateurs sur l'impact environnemental des produits alimentaires.

Un "éco-score" allant de A à E

Ce projet de notation sur le modèle du "nutri-score", allant de A à E, est l'objet de deux ans de travail d'un collectif rassemblant des applications de consommateurs comme Yuka, Open Food Facts ou Etiquettable, du site d'épicerie bio en ligne La Fourche qui revendique 27.000 foyers adhérents en France, Belgique et Luxembourg, des sites de livraison de plats FoodChéri ou de recettes de cuisine Marmiton.

Concrètement, cet "éco-score" indépendant prendra en compte l'analyse du cycle de vie du produit, la production, le transport, la fabrication des emballages. Il se base sur les données d'Agribalyse, produites par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Cela donne lieu à un score sur 100, ensuite pondéré par des critères qualitatifs supplémentaires via un système de bonus/malus tenant compte de la recyclabilité des emballages, des labels, du pays de provenance, de la saisonnalité...

Le transport "entre 5% et 15% de l'impact environnemental"

Pour autant, un premier aperçu donne des résultats surprenants au premier abord. Sur le site Foodchéri, les morceaux d'ananas obtiennent la note A, soit la meilleure. Etrange pour un fruit exotique qui pousse au Costa Rica ou aux Philippines et qui fait le tour de la planète pour arriver dans nos assiettes.

C'est typiquement une idée reçue", corrige Shafik Asal, cofondateur de ECO2 Initiative et Etiquettable. Le poids du transport représente "entre 5% et 15% de l'impact environnemental".

Bien moins que la consommation en énergie pour la culture sous serre, par exemple, qui entrainera rapidement un score de B dans le classement. "Attention, les fruits exotiques doivent être transportés en bateau et non pas en avion", prévient cependant Shafik Asal. S'il est livré en avion, le fruit exotique verra sa note dégradée.

Reste que pour le consommateur, le score A englobe donc à la fois les fruits exotiques venus en bateau et les fraises bio plantées en France sans différenciation. En réalité, une classification plus fine pourrait donc être faite entre ces deux produits.

Thomas Leroy avec AFP