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Un quart des effectifs licencié chez Airbnb: "C'est un traumatisme pour l'entreprise"

Airbnb va supprimer un quart de ses effectifs

Airbnb va supprimer un quart de ses effectifs - AFP

Dans une interview au Parisien, le directeur général de l'entreprise en France, Emmanuel Marill, indique qu'"il est trop tôt" pour connaître l'ampleur du plan de licenciements en France. Avant de faire le point sur la relance à venir.

Victime collatérale de la crise sanitaire du coronavirus, Airbnb a annoncé le 5 mai un plan massif de licenciement qui se traduira par la suppression d’un quart de ses effectifs dans le monde, soit 1900 salariés.

Interrogé dans Le Parisien ce dimanche, le directeur général de l’entreprise en France, Emmanuel Marill, affirme que ce plan "touche différemment les 24 pays du monde dans lesquels Airbnb a des équipes" et qu’"il est trop tôt" pour savoir quel sera l'ampleur de son impact en France. 

Le nombre de logements proposés en hausse pendant le confinement

Quoi qu’il en soit, "c’est un traumatisme pour l’entreprise, mais il fallait répondre à une crise inédite dans l’histoire de notre entreprise et du tourisme en général", explique-t-il. Et pour cause, Airbnb a vu son activité dégringoler du jour au lendemain à partir de la mi-mars et la mise en place du confinement en France:

"Les seules nuits réservées ont été les 50.000 de l’opération Appart’Solidaire, qui a permis de loger 3000 soignants près de leur hôpital, et quelques nuitées de longs séjours pour des ouvriers agricoles ou des personnes qui avaient besoin de se déplacer pour leur travail", observe Emmanuel Marill.

En revanche, le nombre de logements proposés en France a "plutôt augmenté sur la période". De fait, "les gens ont eu le temps de prendre leur maison en photo et espèrent gagner un peu d’argent" alors que se profile une crise économique d’ampleur. 

Hausse du trafic sur le site 

Pour tenter de retrouver la confiance de ses clients, Airbnb a mis en place un protocole sanitaire mondial. "En France, nous avons signé un partenariat avec la société spécialisée Ekoklean, qui permettra aux hébergeurs d’acheter les produits nécessaires à prix avantageux et d’avoir accès à des équipes de nettoyage formées", détaille Emmanul Marill, ajoutant que "d’autres pistes sont à l’étude comme mettre en place une durée de latence entre deux réservations ou attribuer un label".

Pas sûr que cela suffise à rattraper les pertes. Pour autant, Airbnb France constate depuis trois semaines "une forte hausse de la consultation du site pour la période du 15 juillet au 30 août", poursuit le directeur général de l’entreprise.

Et de préciser: "Ils ne réservent pas, mais attendent le bon alignement: autorisation-transports-plage-restaurants". Le leader de la location de logements entre particuliers présent dans 28.000 communes de l’Hexagone espère ainsi compter sur "les réservations de dernière minute" pour se relancer. 

Paul Louis