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Volkswagen se refuse à indemniser ses clients européens

Seuls les clients américains auront droit à un petit chèque.

Seuls les clients américains auront droit à un petit chèque. - Paul J. Richards - AFP

Les clients américains ayant acquis une voiture dotée du logiciel tricheur se verront offrir une compensation de 1.000 dollars. En revanche, il n'est toujours pas question pour Volkswagen de dédommager les acheteurs européens de ces mêmes véhicules.

Deux poids deux mesures. Le constructeur automobile allemand Volkswagen, qui a présenté mercredi les premières solutions techniques pour remettre aux normes ses voitures diesel équipées d'un logiciel truqueur, a confirmé qu'il ne dédommagerait pas les propriétaires européens, à l'inverse des clients américains. "Il n'y aura pas de compensation financière pour les propriétaires de ces véhicules (équipés de moteurs truqués, NDLR) en Allemagne", a déclaré à l'AFP Enrico Beltz, porte-parole du groupe pour les ventes. Les mesures proposées par Volkswagen en Allemagne et validées par les autorités seront appliquées dans toute l'Europe.

Le géant de l'automobile a annoncé début novembre une compensation de 1.000 dollars par voiture pour les quelques 480.000 automobilistes américains affectés par la tricherie, et une assistance gratuite de trois ans en cas de panne. Pour le constructeur, cette différence de traitement entre les Etats-Unis et l'Europe se justifie parce que "ces deux marchés ne sont pas comparables", a souligné Enrico Beltz.

Technologie minoritaire

"Aux Etats-Unis, le diesel est une technologie minoritaire, un très petit segment" du marché automobile, a-t-il affirmé, en ajoutant que les propriétaires de voitures diesel, en plus de débourser davantage pour acheter leur véhicule, "payent leur carburant plus cher à la pompe" que les automobilistes allemands. En Allemagne, au contraire, les ventes de véhicules diesel représentent "près de 50% du total du marché automobile", a rappelé le porte-parole du groupe, avant de réitérer l'objectif de Volkswagen de remettre aux normes les véhicules touchés sans affecter leur performance.

"Si nous y parvenons, un dédommagement des clients allemands n'aura pas lieu d'être", a-t-il martelé. Le constructeur n'est pas encore en mesure de garantir que cet objectif sera atteint. Le colosse aux douze marques (des citadines Seat et Skoda aux berlines Audi et sportives Porsche, en passant par les camions MAN et Scania), doit rappeler 8,5 millions de véhicules aux moteurs truqués à partir de janvier en Europe, une opération colossale.

D. L. avec AFP