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Volkswagen: 11 millions de véhicules dans le monde équipés du dispositif de trucage

Le constructeur automobile n'avait pas réservé son mécanisme permettant de dissimuler le niveau réel des émissions de gaz polluants au seul marché américain.

Le scandale prend de l'ampleur. Le groupe Volkswagen a reconnu, ce 22 septembre, que 11 millions de véhicules dans le monde étaient équipés du dispositif permettant de fausser les résultats des tests d'émissions polluantes.

"Des enquêtes internes ont montré que le logiciel en question était aussi présent dans d'autres véhicules diesel du groupe", selon un communiqué de Volkswagen, maison mère des marques VW mais aussi Audi, Skoda, Seat ou encore Porsche. 

Le trucage, qui visait à contourner les tests antipollution, concerne tous les moteurs diesel de type EA189, soit "un volume total d'environ 11 millions de véhicules dans le monde", selon ce communiqué.

Les autorités américaines avaient révélé vendredi que 482.000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, avaient été équipés de ce dispositif frauduleux. C'est une ONG américaine qui a démasqué les pratiques du premier constructeur automobile mondial et a donné l'alerte.

Les autorités américaines ont décidé d'ouvrir une enquête pénale contre le constructeur. L'enquête est menée par la division du département de la Justice américain (DoJ) en charge des questions portant sur les ressources naturelles.

Merkel veut "une totale transparence"

De son côté, Angela Merkel a réclamé à Volkswagen "une totale transparence" et des explications rapides. "Il s'agit maintenant de faire preuve d'une totale transparence, d'expliquer l'ensemble du processus (...) et j'espère que les faits viendront sur la table le plus vite possible". La chancelière a souligné que le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, était "en contact étroit" avec le groupe de Wolfsburg (nord), jusque là l'une des grandes fiertés de l'industrie allemande.

Le ministre français de l'Economie a appelé à "clarifier au plus vite" la situation autour du constructeur allemand. Emmanuel Macron a jugé en marge d'un colloque économique qu'il était "important qu'on puisse clarifier au plus vite la situation à la fois en entendant l'entreprise et ses justifications, et en menant des procédures d'enquête qui sont absolument indispensables au niveau européen".

Il a été entendu puisque la ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal, vient d'annoncer qu'elle lançait une enquête "approfondie". 

De lourdes conséquences financières

Volkswagen risque potentiellement une amende pouvant aller jusqu'à 18 milliards de dollars (soit environ 16 milliards d'euros) ce qui représenterait environ 1,5 fois son bénéfice de 2014 (10,9 milliards d'euros). Le géant allemand de l'automobile va passer une provision d'environ 6,5 milliards d'euros dans ses comptes du troisième trimestre pour faire face au scandale.

"Les objectifs de résultats du groupe pour l'année 2015 vont être ajustés en conséquence", a ajouté l'entreprise, numéro un mondial des ventes. Jusqu'ici, le groupe Volkswagen prévoyait pour l'exercice en cours une hausse jusqu'à 4% de son chiffre d'affaires et une marge d'exploitation, mesure de sa rentabilité, comprise entre 5,5% et 6,5%.

Mais les conséquences ne sont pas seulement financières. Le patron de Volkswagen Martin Winterkorn pourrait être démis de ses fonctions. C'est Matthias Müller, le patron de Porsche, filiale de Volkswagen, qui pourrait lui succéder.

Par ailleurs, les conséquences pourraient s'étendre à l'industrie automobile. "Il y a des doutes aujourd'hui", déplore Carlos Ghosn, PDG de Renault. Mais il s'estime "pas si inquiet que ça". 

Le ministre allemand des Transports a dit qu'il n'avait "aucune indication" que d'autres constructeurs que Volkswagen aient truqué leurs moteurs en Allemagne.

Après ces annonces, l'action Volkswagen à la Bourse de Francfort s'est enfoncé de plus de 20%, avant de se reprendre un tout petit peu. Vers 16h, le titre reculait de 16,83% à 111,20 euros. Lundi, le cours de l'action avait déjà fondu de plus de 18%.

C.C. et D. L. avec agences