BFM Business

Vol Paris-New York dérouté : "La situation semblait hors de contrôle"

Parmi les infortunés du vol New York-Paris dimanche, Bruno Le Maire.

Parmi les infortunés du vol New York-Paris dimanche, Bruno Le Maire. - BFMTV

"Horrible", "chaotique", "atroce" : les mots ne manquent pas aux passagers du vol AF007 à destination de Paris pour qualifier l'escale forcée qu'ils ont subie dimanche à Manchester, en Grande-Bretagne. Après plus de 24 heures de vol et 12 heures d'attente au sol, des passagers témoignent.

Cette escale, les passagers du vol AF007 New York-Paris s'en souviendront longtemps. Pour ne pas dépasser son "quota d'heures", un pilote d'Air France a fait une escale tout à fait imprévue dimanche à Manchester, en Grande-Bretagne, où des avions ont dû prendre le relais pour emmener les passagers à destination, avec jusqu'à 12 heures de retard. Douze longues heures durant lesquelles les passagers n'ont reçu que peu d'informations.

"Ce n'était pas du tout ce que nous avions prévu, ni même ce pour quoi nous avions payé", s'insurge José, 35 ans. Ce Franco-Libanais, qui rentrait en France après un séjour d'une semaine à New York, se trouvait à bord du vol AF007. "Le voyage a été beaucoup trop long, et trop épuisant. C'était chaotique et horrible", décrit-il à BFMTV.

Au bout de six heures de vol, en effet, aucune trace de la Tour Eiffel dans le hublot des passagers. L'avion est en train d'atterrir outre-Manche, à Manchester. "Le pilote, ayant atteint son quota d'heures, a décidé de poser l'appareil, un A380, à Manchester, en nous disant qu'il allait y avoir la relève d'un autre pilote qui devait arriver", explique Didier Borel, l'un des passagers de l'avion, sur BFMTV. Mais le deuxième pilote se fait attendre.

"L'escale est survenue à un moment critique"

Commence alors une escale qui semble interminable. Pour José, "le point faible de cet arrêt, c'est le manque d'informations". Pendant 12 heures, il a attendu à l'aéroport de Manchester sans savoir ce qui allait advenir du vol, ni quand l'escale forcée prendrait fin. "Personne ne nous rassurait. Même le personnel d'Air France était épuisé. La situation semblait hors de contrôle". Chacun des passagers ont ainsi tenté de glaner des informations, tout en s'entraidant pour comprendre la situation à l'aéroport de Manchester. Durant quelques minutes, il fut même question de rentrer... en bus.

"La situation à Manchester a été complètement opaque du début à la fin", ajoute Mael, un passager français de l'avion. "Quand les pilotes sont arrivés, on nous a dit qu'il y avait un souci technique. Ils nous ont ensuite dit que le souci technique ne pouvait pas être résolu, puis qu'on allait débarquer". On lui aurait alors dit que "les autorités britanniques ne voulaient pas que les avions (envoyés de Paris) atterrissent". Ce qui explique que les avions n'aient pas décollé immédiatement.

"Une fois dans l'aéroport, on a attendu encore quelques heures, sans explication. Puis on nous a dit qu'il fallait refaire des cartes d'embarquement". Avec les autres passagers, il a attendu, le temps d'imprimer les précieux documents qui permettraient enfin de mettre un terme à cette escale.

Certains, comme Linda Raftree, décrivent ce qui se passe sur Twitter. Comme elle, beaucoup qualifient cette attente forcée d'"atroce". "Nous restons coincés, sans aucune visibilité. Aucune information afin de confirmer si les avions sont réellement là. Rien", déplore pour sa part Bruno Coindre, un autre passager. "On commence à perdre patience!", lance Antoine H. sur son compte Twitter, interpellant par la même occasion la compagnie aérienne.

"Pas assez de nourriture pour les 440 passagers"

"L'escale est survenue à un moment critique", précise José. "Les passagers étaient vraiment fatigués des six heures de retard de l'avion, et des six heures de vol." En raison de la neige, l'A380 avait en effet déjà été forcé de retarder son départ de New York.

"Il n'y avait aucune organisation et pas assez de nourriture pour les 440 passagers", souligne-t-il. "Ils ont distribué des biscuits, des sandwiches et des boissons chaudes, mais je n'ai rien reçu. Et à Paris, après 24 heures de vol, nous n'avons rien eu, pas même un taxi ou un bus pour nous ramener chez nous".

Dimanche, Didier Borel racontait sur BFMTV que sa famille attendait depuis midi. "Nous sommes accompagnés de trois enfants, trois mineurs non accompagnés qui sont livrés à eux-mêmes sans aucun encadrement. Ces enfants sont en pleurs, les gens sont fous furieux."

Les passagers ont fini par rentrer. Air France a finalement affrété trois avions, un A320, un A318 et encore un autre A320. "J'étais dans le premier avion", explique Mael. "Nous avons atterri à 1 heure du matin lundi au lieu de 8h30 dimanche, soit quand même 15h30 de retard. Ceux qui ont pris le second ou troisième avion ont probablement eu 16 ou 17 heures de retard." Si les passagers sont rentrés sains et saufs, une question subsiste: "Comment Air France compte compenser?"

Aude Deraedt