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Veolia perd les transports publics niçois

La ville de Nice a décidé de se passer de Veolia pour gérer ses transports (Photo : DR)

La ville de Nice a décidé de se passer de Veolia pour gérer ses transports (Photo : DR) - -

Veolia-Transdev perd un gros client en France. La ville de Nice a annoncé ce 9 juillet son intention de reprendre en main ses transports publics. Un choix qui pourrait être fait dans une vingtaine d'autres villes.

Un des plus gros contrats de délégation de service publics dans les transports en commun en France, un contrat qui rapporte 140 millions d'euros de chiffre d'affaires par an, et qui devait générer encore davantage de bénéfices à partir de 2016, avec l'arrivée prévue d'une nouvelle ligne de tramway. C'est ce que vient de perdre Veolia.

Selon les experts, ce qui est étonnant, c'est que la décision de privilégier une régie municipale à une entreprise privée vienne d'un maire de droite, en l’occurrence Christian Estrosi. "Plus j'avance, et plus je suis convaincu que l'administration d'un grand service public par la collectivité elle-même apporte de l'efficacité, et répond aux attentes de nos usagers", argumente Christian Estrosi.

C'est un gros chantier qui attend la mairie de Nice : elle va devoir reprendre les 1700 salariés de Veolia-Transdev, l’actuel gestionnaire.

La puissance des régies publiques

Un évènement qui fait du bruit dans le secteur. Toutes proportions gardées, ce n'est pas sans rappeler le coup de tonnerre provoqué par Bertrand Delanoë lorsqu’il avait municipalisé le service des eaux de la Ville de Paris. Cela dit, il y a quelques années, la ville de Cholet, de droite comme Nice, avait aussi marqué les esprits en choisissant la gestion publique.

A ce jour, 90 % des réseaux urbains français sont gérés par des entreprises privées. Mais trois des plus gros réseaux sont déjà aux mains de régies publiques : la RATP à Paris, la RTM à Marseille et Tisséo à Toulouse.

Et ce qui est inquiétant pour les groupes privés comme Veolia-Transdev ou Kéolis, filiale de la SNCF, c'est que dans une vingtaine de villes, leurs contrats arrivent à échéance. Et comme Nice, elles pourraient choisir l'option de la régie municipale. 

Fabien Chamblanc et BFMbusiness.com