BFM Business

Vélib': un dernier ultimatum pour Smovengo?

La mairie de Paris donne à Smovengo jusqu'à septembre pour mettre Vélib' réellement sur les rails. Six mois après leur lancement, les vélos en libre-service sont toujours quasiment inutilisables.

Verra-t-on bientôt une issue au fiasco Vélib'? Les vélos de Smovengo, le nouvel opérateur du Vélib' ne fonctionnent toujours pas. A l'occasion d'une réunion à l'Hôtel de ville sur les nouveaux vélos en free floating, Anne Hidalgo a fait part de sa colère sur la situation du Vélib'. La municipalité donne désormais à Smovengo jusqu'à septembre pour corriger les multiples dysfonctionnement qui ont mis Vélib' à l'arrêt depuis six mois. 

"Si après l'été, le service ne fonctionne toujours pas, nous en tirerons les conséquences", rapporte France Bleu Paris, citant Jean-Louis Missika, adjoint en charge de l'urbanisme qui n'hésite pas à qualifier la déroute de Vélib' "d'accident industriel".

La mairie laisse malgré tout un sursis à Smovengo et veut croire que du temps supplémentaire permettra à Vélib' de se redresser. La maire de Paris et son entourage ont à plusieurs reprises exprimé leur volonté de voir "Vélib' réussir", malgré les difficultés. 

Près de 800 stations mais un service inutilisable

Ce nouveau rendez-vous fixé à septembre intervient à deux jours d'un point d'étape pour Smovengo. L'opérateur, qui s'est engagé à mettre en place un plan d'urgence pour rétablir le service avait promis de parvenir à 800 stations opérationnelles fin juin (700 devaient initialement être en place en janvier).

Smovengo s'en approche désormais mais la réalité pour l'utilisateur est toujours loin d'être satisfaisante. Ces dernières semaines, les vélos se font rares dans les stations. Lorsqu'ils existent, les décrocher des bornettes reste une épreuve. Smovengo a fait part de ses difficultés pour électrifier les stations mais la liste des bugs et dysfonctionnements d'installation est loin de s'arrêter là.

Selon France 3, Smovengo rencontrerait des difficultés avec son système breveté de cadenas dans les bornettes, qui pourrait conduire à devoir toutes les remplacer. La recharge des batteries de la V-Box qui alimentent le petit écran des vélos ne fonctionneraient pas non plus. 

Et après septembre?

Tous ces problèmes pourront-ils être résolus d'ici septembre? Rien n'est moins sûr au regard des multiples rendez-vous et objectifs ratés par Smovengo. Le renouvellement de l'équipe dirigeante et l'arrivée d'Arnaud Marion, spécialisé dans le redressement d'entreprises en crise serait cependant vue comme un bon signal à la mairie. 

La mairie de Paris a toujours dit privilégier l'option d'un sursaut de Smovengo plutôt qu'une résiliation du contrat. Mais si celle-ci devait intervenir après l'ultimatum de septembre, l'opposition demande à y voir plus clair. Le groupe des Démocrates et progressistes a déposé un voeu pour le Conseil de Paris la semaine prochaine dans lequel il demande à l'exécutif de présenter "les différents scénarios envisageables concernant le Service Vélib' actuel et leurs conséquences en termes organisationnel, financier et juridique", "au cas où les problèmes perduraient à la rentrée". 

Si Paris devait renoncer aux Vélib', l'accent pourrait être donné aux vélos sans borne. Bien implantés désormais dans la capitale, ils viennent d'être dotés d'une charte de bonne conduite pour encadrer ces services, véritable alternative au Vélib'. 

C. B