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Une piste sérieuse pour redonner vie à l'écotaxe?

Les poids lourds traversant le Nord Pas de Calais et la Picardie devront-ils s'acquitter d'une "taxe transit"?

Les poids lourds traversant le Nord Pas de Calais et la Picardie devront-ils s'acquitter d'une "taxe transit"? - Philippe Huguen - AFP

Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne sur mer et ex-ministre des Transports, plaide pour une application régionale de la taxe poids lourds, suspendue l’an passé. Explications.

Les détracteurs de l’écotaxe pourraient devoir reprendre du service. Alors que le dispositif controversé avait été suspendu par le gouvernement il y a près d’un an, l’idée d’une transposition à l’échelle régionale est désormais évoquée.

L'ex-ministre des Transports Frédéric Cuvillier a en effet allumé la mèche vendredi dans un entretien aux Echos. Le député socialiste et maire de Boulogne-sur-mer y plaide pour la création d’une "taxe transit" au sein de la nouvelle région Nord Pas de Calais-Picardie qui, par sa proximité avec l’Angleterre et la Belgique, s’avère être un important lieu de passage de poids lourds.

Une "taxe transit européenne" bientôt à l'étude?

Selon Frédéric Cuvillier, "la loi de transition énergétique qui vient d’être adoptée permet de mettre en place des plans climat énergie territoriaux, et donne donc la compétence aux Régions pour agir". Son idée? S'adapter à la fiscalité de la Belgique : "Nos voisins belges sont en train de se doter d’un système de taxation des poids lourds, baptisé Viapass, qui devrait être opérationnel à partir du premier avril 2016. Ce dispositif est, dans sa philosophie comme dans ses modalités techniques, assez semblable à ce qui était prévu en France. Je propose donc l’extension du système belge". Avec pourquoi pas dans un futur proche, la "création d’une taxe transit européenne".

Réhabiliter les portiques écotaxe?

Outre la grogne prévisible des transporteurs routiers, qui avaient largement donné de la voix contre l’écotaxe, il faudra compter avec -ou plutôt sans- la société écomouv’, qui a cessé ses activités après la suspension du dispositif initial.

Pourtant, l’initiative de Frédéric Cuvillier pourrait redonner un second souffle aux portiques de l’ex-écotaxe. L’ancien ministre souhaite ainsi "un moratoire sur le démantèlement de ces portiques" dans la région. Autre argument de l’élu: "Cette taxe transit pourrait pérenniser dans la région les 20.000 emplois des 520 entreprises de travaux publics, et permettre de passer avec la Fédération régionale des travaux publics un contrat d’objectifs pour la création de 4.000 emplois supplémentaires". Reste à savoir si le gouvernement prendra le risque de rouvrir un dossier aussi sensible.

Y.D.