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Un conducteur sur trois manque de sommeil quand il prend la route

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C'est le résultat d'une enquête scientifique réalisée par les médecins de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, et publiée hier. La somnolence au volant est la première cause de mortalité sur autoroute.

Le chiffre fait froid dans le dos : 1 conducteur sur 3 manque de sommeil quand il prend la route des vacances. C'est le résultat d'une enquête scientifique réalisée cet été par les médecins de l'hôpital Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), publiée hier. Outre la première cause de mortalité sur autoroute, la somnolence au volant est responsable de jusqu'à 20% des accidents sur l'ensemble du réseau routier; Si l'on prenait conscience de ce fléau, 50 vies seraient épargnées chaque année sur autoroutes, plusieurs centaines sur le réseau secondaire selon les associations d'automobilistes.

« Il faut s'arrêter et faire une pause »

Le professeur Damien Léger est président de l'Institut national du sommeil et de la vigilence. Les symptômes sont classiques : « Bâillements, raideur de la nuque, paupières qui tombent, troubles visuels et enfin, des erreurs de conduite. On n'y prête pas attention, car c'est un état tellement quotidien pour certains que ça finit par être banal alors que c'est très dangereux. Dans ce cas, il faut s'arrêter, faire une pause et en profiter pour se reposer. »

« J'aurais pu y passer »

Fati est chef d'entreprise de 48 ans dans les Yvelines. Il ya quelques semaines sur l'autoroute A 10, il a frôlé l'accident : « D'un seul coup, j'ai senti que j'étais très fatigué, les paupières lourdes. J'ai pris la bande d'urgence sans m'en rendre compte. Heureusement, un camion m'a donné un coup de phare et ça m'a réveillé. Je me suis ressaisi, j'ai ouvert la fenêtre, et j'ai continué sereinement. J'aurais pu percuter la barrière, et en plus je roulais à 110 km/h! Je ne devais faire que 50 km : ce n'est pas une longue distance, mais j'aurais pu y passer. »