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Troisième jour de perturbations pour le trafic aérien

Aéroport d'Orly, près de Paris. Le trafic aérien restait perturbé samedi pour le troisième jour consécutif sur une grande partie de l'Europe du Nord et de l'Est en raison du nuage de cendres formé après l'éruption mercredi d'un volcan islandais. /Photo pr

Aéroport d'Orly, près de Paris. Le trafic aérien restait perturbé samedi pour le troisième jour consécutif sur une grande partie de l'Europe du Nord et de l'Est en raison du nuage de cendres formé après l'éruption mercredi d'un volcan islandais. /Photo pr - -

par Avril Ormsby LONDRES - Le trafic aérien restait perturbé samedi pour le troisième jour consécutif sur une grande partie de l'Europe du Nord et...

par Mark Trevelyan

LONDRES (Reuters) - Les perturbations du trafic aérien se sont aggravées samedi en Europe où un énorme nuage de cendres volcaniques se propageait à travers le continent, faisant annuler près de trois vols sur quatre et bloquant des dizaines de milliers de voyageurs de tous pays.

L'agence de contrôle aérien Eurocontrol a fait savoir qu'aucun atterrissage ou décollage d'appareils civils n'était possible dans la plus grande partie de l'Europe du Nord et du centre en raison de l'éruption persistante du volcan islandais de l'Eyjafjallajokull, d'où proviennent les cendres.

De nombreux pays ont fermé leur espace aérien jusqu'à dimanche, voire lundi, et les météorologues prévoient que le nuage ne se déplacera guère d'ici là. Certains estimaient même qu'il pourrait devenir plus dense mardi et mercredi et menacer encore plus le transport aérien.

Le nuage, qui se déplace dans la haute atmosphère où il représente un sérieux danger pour les moteurs et les fuselages des avions, coûte aux compagnies aériennes plus de 200 millions de dollars par jour.

Des vols d'essai sans passagers sont organisés aux Pays-Bas et en France afin d'évaluer l'impact réel des cendres volcaniques sur les appareils, a annoncé samedi le gouvernement néerlandais.

Ce sont les perturbations les plus importantes depuis les attentats du 11 septembre 2001, qui avaient entraîné la fermeture de l'espace aérien américain durant trois jours et l'arrêt de tous les vols transatlantiques des compagnies européennes.

OBAMA ET MERKEL N'IRONT PAS EN POLOGNE

Eurocontrol ne prévoyait que 5.000 vols dans l'espace aérien européen, contre 22.000 pour un samedi en temps normal. On a enregistré 10.400 vols vendredi, contre 28.000 d'habitude.

"Selon les prévisions, le nuage de cendres volcaniques va persister et l'impact s'en prolongera au moins pendant les prochaines 24 heures", indiquait l'agence dans un communiqué publié vers la mi-journée.

Le nuage a contraint plusieurs dirigeants mondiaux à réorganiser précipitamment leurs déplacements. Plusieurs d'entre eux, dont le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel, bloquée en Italie, ont dû renoncer à se rendre en Pologne dimanche pour assister aux funérailles du président polonais Lech Kaczynski.

En Islande, l'éruption volcanique semblait perdre en intensité samedi mais elle pourrait se prolonger des jours, voire des mois selon les autorités.

L'organisation météo américaine AccuWeather a indiqué que le nuage se trouvait dans une zone de vents faibles et qu'il était donc peu probable qu'il se déplace beaucoup lundi.

"Le nuage devrait devenir plus concentré mardi et mercredi, et menacer davantage le transport aérien. Ceci dit, il devrait également devenir plus étroit et affecter une zone plus réduite", indiquait AccuWeather, qui prévoit pour jeudi des vents venus de l'Atlantique qui pourraient dissiper le panache de cendres.

La Grande-Bretagne, le Danemark et l'Allemagne, entre autres, ont fermé leur espace aérien pour toute la journée de samedi. La compagnie allemande Lufthansa a indiqué qu'aucun de ses appareils dans le monde n'était en l'air.

30 AÉROPORTS FRANÇAIS FERMÉS DIMANCHE

La France a annoncé que la plupart de ses aéroports resteraient fermés jusqu'à lundi matin au moins.

L'Italie a prolongé jusqu'au même moment la fermeture des aéroports du nord du pays. Aux Pays-Bas, la fermeture court jusqu'à dimanche matin et en Suisse jusqu'à dimanche 12h00 GMT.

Le premier voyagiste européen, TUI Travel, a annoncé l'annulation de l'ensemble de ses voyages jusqu'à dimanche, 08h00 GMT, au plus tôt, et British Airways a annulé tous les vols de dimanche.

Ryanair, première compagnie low-cost d'Europe, a annulé tous ses vols au départ ou à destination de l'Europe du Nord jusqu'à lundi, 12h00 GMT.

Si le nuage de cendres ne perturbe pas les vols pendant des semaines, ce qui menacerait l'approvisionnement des usines, les économistes ne s'attendent pas à ce qu'il ralentisse très sensiblement la fragile sortie de récession de l'Europe.

La pagaille s'est étendue à l'Asie, où des dizaines de vols à destination de l'Europe ont été annulés tandis que les hôtels, de Pékin à Singapour, étaient assaillis par des milliers de voyageurs bloqués en divers pays.

Un responsable d'Eurocontrol a indiqué que le nombre de vols transatlantiques arrivant en Europe n'atteignait que le quart ou le tiers du volume habituel pour un samedi.

Environ 84% des vols de compagnie américaines à destination ou en provenance d'Europe ont été annulés samedi.

L'armée américaine a elle aussi dû dérouter de nombreux vols, notamment ceux qui permettent d'évacuer les blessés d'Afghanistan et d'Irak, a indiqué un porte-parole du Pentagone.

L'Eyjafjallajokkul est entré mercredi en éruption pour la deuxième fois en un mois, projetant un panache de cendres entre 6.000 et 11.000 mètres d'altitude.

Samedi, les particules de verre et de roche volcanique étaient retombées entre 5.000 et 8.000 mètres.

"L'éruption peut continuer longtemps comme ça", a prévenu Bergthora Thorbjarnardottir, géophysicienne des services météorologiques islandais.

"Mais tous les volcans sont différents et nous n'avons pas beaucoup d'expérience avec celui-ci. Cela fait 200 ans qu'il n'était pas entré en éruption", a-t-elle ajouté.

Bureaux de Londres, Genève, Dublin, Paris, Amsterdam, Bruxelles, Reykjavik, Washington, Francfort et Berlin, Gregory Schwartz, Marine Pennetier et Philippe Bas-Rabérin pour le service français