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Treizième jour de grève à la SNCF, la CGT parle de suspension

Le trafic ferroviaire français subit toujours quelques perturbations ce lundi, au treizième jour de grève consécutif, mais la direction et la CGT-Cheminots tablent sur une sortie de crise avant mercredi. /Photo prise le 7 avril 2010/REUTERS/Jean-Paul Péli

Le trafic ferroviaire français subit toujours quelques perturbations ce lundi, au treizième jour de grève consécutif, mais la direction et la CGT-Cheminots tablent sur une sortie de crise avant mercredi. /Photo prise le 7 avril 2010/REUTERS/Jean-Paul Péli - -

PARIS - Le trafic ferroviaire français subit toujours quelques perturbations ce lundi, au treizième jour de grève consécutif, mais la direction et la...

PARIS (Reuters) - Le trafic ferroviaire français subit toujours quelques perturbations ce lundi, au treizième jour de grève consécutif, mais la direction et la CGT-Cheminots tablent sur une sortie de crise avant mercredi.

La CGT, premier syndicat de cheminots, a en effet estimé que le conflit, le plus long à la SNCF depuis la réforme des régimes spéciaux de retraite en 2007, allait vers une "suspension" d'ici à la table-ronde nationale qui aura lieu mercredi. Sud-Rail a en revanche renouvelé son appel à poursuivre le mouvement.

Selon la direction de l'entreprise, on dénombrait lundi 3,97% des grévistes pour l'ensemble du personnel de la SNCF.

Le taux de grévistes s'établissait à 28,49% des contrôleurs et 32,67% des agents de conduite, des chiffres à peu de choses près similaires à ceux de la semaine dernière.

Face à la situation chaotique du transport aérien, paralysé par la présence d'un nuage de cendres volcaniques islandais dans le ciel européen, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, et le président de la SNCF, Guillaume Pepy, ont appelé les cheminots à la responsabilité.

"La solidarité vis-à-vis des Français, le sens de l'intérêt général, cela fait partie des valeurs des cheminots auxquelles je suis attaché", a fait valoir Guillaume Pepy sur Europe 1, regrettant que la CGT-Cheminots et Sud-Rail, qui réclament des mesures pour l'emploi, les salaires et le fret, n'aient pas mis fin à la grève plus tôt.

Pour Luc Chatel, "vu le contexte, la situation de la grève à la SNCF qui perdure, je pense que (cela) surprend beaucoup de nos concitoyens", a-t-il dit sur RTL.

Le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, a jugé de son côté la poursuite de la grève "incivique" et "irresponsable" à l'heure de la paralysie du transport aérien.

Sans faire de lien explicite entre la pagaille dans le ciel européen et la décision de son syndicat, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, a estimé en début de matinée que le mouvement de grève allait "vers une suspension à condition que l'entreprise joue le jeu", a-t-il déclaré sur RMC.

SUD-RAIL CONTINUE, TABLE-RONDE MERCREDI

De son côté, Sud-Rail a de nouveau appelé à la poursuite du mouvement. Dans un communiqué, le syndicat brandit le spectre d'une privatisation à terme de la SNCF.

"C'est bien par une grève reconductible nationale que nous empêcherons la disparition de l'Etablissement public industriel et commercial (Epic) de la SNCF, que nous réduirons les inégalités de concurrence avec la route et que nous développerons les services publics et la SNCF", peut-on lire dans le texte syndical.

Didier Le Reste a reconnu ensuite que la situation n'allait pas brusquement revenir à la normale parce que "la CGT appuie sur un bouton", s'en remettant aux assemblées générales de cheminots dans les régions.

En Midi-Pyrénées, ils ont reconduit la grève jusqu'à mardi, a-t-on appris de source syndicale, mais en Provence-Alpes-Côte d'Azur, la situation s'améliorait lundi matin, de nombreux cheminots ayant repris le travail.

Didier Le Reste a annoncé que la CGT-Cheminots participerait à la table nationale prévue mercredi tout en précisant qu'il ne s'agissait que d'une "étape".

A ses yeux, il faut en modifier "le contenu parce qu'on ne peut pas simplement s'asseoir pour négocier le calendrier social du président" de la SNCF.

"Tout ne sera pas réglé le 21 avril (...) La grève s'arrêtera lorsque la direction aura produit suffisamment de réponses à nos questions", a-t-il souligné sur i>Télé.

La direction de la SNCF affirme depuis le début de la grève qu'il est hors de question de négocier sous la pression.

"Mercredi, on reprendra les discussions (...) à condition qu'on soit dans une dynamique de reprise du travail", a prévenu Guillaume Pepy, appelant les cheminots à sortir de "cette fameuse gréviculture".

Selon lui, la grève aura coûté "sans doute près de 100 millions d'euros à l'entreprise publique". "Le transport de marchandises a été véritablement massacré par la grève", a-t-il déploré.

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse