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TGV Paris-Bordeaux: Air France juge inéquitable la bataille avec la SNCF

Jean-Marc Janaillac demande des conditions équitables.

Jean-Marc Janaillac demande des conditions équitables. - Eric Piermont - AFP

Le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac estime que les conditions de financement de la nouvelle ligne à grande vitesse favorise la SNCF. Il plaide pour une concurrence dans des "conditions équitables".

Jean-Marc Janaillac a souhaité à Bordeaux que le transport aérien bénéficie de "conditions équitables" pour se battre à armes égales face à la concurrence du TGV. "Nous sommes résolus à affronter la concurrence du TGV tout en souhaitant que cette concurrence soit équitable", a déclaré le PDG d'Air France-KLM lors d'une conférence de presse à l'occasion des 20 ans de La Navette aérienne d'Air France. Cet anniversaire a été célébré à Bordeaux qui sera reliée à Paris par le TGV à partir de juillet 2017.

"Le coût de la ligne LGV (entre Paris et Bordeaux, ndlr) est de 7,8 milliards d'euros dont la moitié subventionnée par l'État et les collectivités locales, sans compter la contribution de SNCF Réseau", a-t-il expliqué estimant que "cette subvention va représenter une aide de l'ordre de 20 euros par voyageur les 25 prochaines années".

"Air France finance l'intégralité de la charge d'infrastructure"

"En face, Air France finance l'intégralité de la charge d'infrastructure" avec en outre des "coûts de redevances, sans parler de toutes les taxes que le transport aérien paie", a-t-il poursuivi souhaitant que ces dernières "soient ramenées à des niveaux semblables à ceux des autres aéroports européens". Mais le PDG se garde de préciser ce qu'il entend par "conditions équitables".

Demande-t-il au gestionnaire du réseau ferré d'imposer des péages limitant la capacité de la SNCF à casser les prix des billets? Une telle exigence serait quasiment impossible à satisfaire. Le montant des redevances a été défini en 2009 dans le cadre de l'appel d'offres et sont inscrites dans le contrat. "Elles sont comparables à celles pratiquées sur Paris-Lyon, ligne très bénéficiaire, qui a eu un fort impact sur le développement économique de la métropole lyonnaise." précise un document officiel de présentation de cette nouvelle ligne baptisée Lisea. Ce même document précise à titre indicatif que "les redevances qui seront versées à Lisea représentent 20% des coûts d’exploitation de l’opérateur ferroviaire sur l’axe Paris-Bordeaux".

D. L. avec AFP