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Taxe sur les voitures fabriquées au Mexique: Berlin met en garde Trump

Trump a prévenu BMW que ses voitures produites au Mexique seraient taxées à 35% pour être vendues aux États-Unis.

Trump a prévenu BMW que ses voitures produites au Mexique seraient taxées à 35% pour être vendues aux États-Unis. - Christof Stache - AFP

Le ministre allemand de l'Économie a estimé ce lundi que si le successeur d'Obama instaure une taxe sur l'importation de voitures aux États-Unis, "l'industrie automobile américaine en sortira moins bonne".

Le ministre allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, a mis en garde ce lundi Donald Trump contre l'instauration d'une taxe de 35% sur les importations de véhicules produits par des constructeurs allemands hors des États-Unis, alors que le futur président américain a notamment évoqué le cas de BMW.

"L'industrie automobile américaine en sortira moins bonne, plus faible et plus chère", a jugé Sigmar Gabriel, qui est également vice-chancelier du gouvernement d'Angela Merkel et chef de file du parti social-démocrate.

Produire au Mexique et vendre aux US, BMW "peut oublier"

Le numéro deux du gouvernent allemand réagissait à un entretien de Donald Trump publié lundi par le quotidien Bild et le journal britannique Times, dans lequel le futur occupant de la Maison blanche réitère sa menace d'imposer à 35%, au titre des droits de douanes, les importations aux États-Unis de produits fabriqués au Mexique.

"Je dirais à BMW que s'il veut construire une usine au Mexique pour vendre des voitures aux États-Unis sans une taxe de 35%, il ferait mieux d'oublier", a lancé le milliardaire new-yorkais, interrogé par Bild sur l'usine que BMW veut ouvrir à San Luis Potosi, dans le nord du Mexique, en 2019.

Donald Trump distingue néanmoins le cas où le fabricant haut de gamme munichois ne destinerait pas sa production aux États-Unis. "S'il veut fabriquer des voitures pour le monde, je lui souhaiterais bonne route", a-t-il ainsi ajouté.

BMW montre patte blanche

BMW n'a pas souhaité réagir directement aux déclarations de Donald Trump. La construction de l'usine de San Luis Potosi, actuellement en cours, "se poursuit comme prévu et doit être terminée en 2019", s'est contenté de dire un porte-parole du groupe de Munich. Ce site assurera la production de la Série 3 de BMW prévue pour le marché mondial, a précisé le constructeur, sans pouvoir dire encore dans quel pays ses voitures seront vendues.

BMW a également rappelé sa présence importante aux États-Unis, l'usine américaine de Spartanburg, dans l'est du pays, étant son plus grand site de fabrication au monde. "Nous sommes un exportateur net aux États-Unis, où nous produisons et exportons plus de véhicules que nous ne vendons dans le pays, ce qui est évidemment bon pour l'économie", a souligné le porte-parole, parlant du marché américain comme d'une "deuxième maison" pour BMW.

Comme ses concurrents, le constructeur montre patte blanche alors que Donald Trump, parti en guerre contre les délocalisations, ne semble pas vouloir faire de cadeaux aux grands noms de l'automobile mondiale. Ford a déjà annulé un investissement de 1,6 milliard de dollars au Mexique et Fiat-Chrysler a dit vouloir rapatrier aux États-Unis la production d'un pick-up et créer 2.000 emplois.

N.G. avec AFP