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Tablettes et ordinateurs interdits en avion: Londres copie Washington, Paris y réfléchit

Les passagers devront se passer de leurs appareils électroniques pendant le vol.

Les passagers devront se passer de leurs appareils électroniques pendant le vol. - Daezho - Pixabay

Le Royaume-Uni a décidé, comme les États-Unis, d'interdire les appareils électroniques plus gros qu'un smartphone dans les cabines de compagnies aériennes de plusieurs pays à majorité musulmane. La France et le Canada réfléchissent à une mesure similaire.

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont annoncé l'interdiction des ordinateurs portables et des tablettes dans les cabines d'avions sur les vols directs en provenance de plusieurs pays arabes et de Turquie, invoquant un risque d'attentats terroristes. La France et le Canada ont indiqué qu'ils réfléchissaient à des mesures identiques. Berlin les a de son côté écartées pour l'instant.

Aucune compagnie américaine n'est concernée, mais les compagnies du Golfe, Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways, assurant des vols directs vers les États-Unis, devront à partir de samedi matin interdire à leurs passagers d'embarquer avec des appareils électroniques plus gros qu'un téléphone. Ordinateurs portables, tablettes, consoles de jeux, liseuses, lecteurs de DVD, appareils photos, devront être placés dans les bagages en soute des avions, ont annoncé mardi des responsables américains.

À compter de samedi, quelque 50 vols quotidiens de neuf compagnies aériennes (Royal Jordanian, EgyptAir, Turkish Airlines, Saudi Airlines, Kuwait Airways, Royal Air Maroc, Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways) seront donc affectés au départ de dix aéroports: Abu Dhabi, Amman, Doha, Dubaï, Casablanca, Le Caire, Istanbul, Jeddah, Koweït et Ryad. Huit pays sont concernés, tous alliés ou partenaires des États-Unis: l'Arabie saoudite, l'Égypte, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Koweït, le Maroc, le Qatar et la Turquie. Premier à protester, le gouvernement turc a demandé à Washington "de revenir en arrière ou d'alléger" cette mesure qui affectera ses ressortissants voyageant en avion.

Emirates prend la chose avec humour

La grande compagnie du Golfe, Emirates, a précisé que les restrictions "entreraient en vigueur le 25 mars et resteront valables jusqu'au 14 octobre". Emirates a aussi pris la chose avec humour en diffusant sur Twitter une publicité vantant son système audiovisuel de divertissement à bord, car "après tout, qui a besoin d'ordinateurs et de tablettes?". Turkish Airlines a informé ses passagers "que tout appareil électronique ou électrique plus grand qu'un téléphone portable ou smartphone (à l'exception des appareils médicaux) ne devait pas être transporté à bord de vols à destination" des États-Unis.

Les responsables américains n'ont donné aucune échéance à l'interdiction et ils ont prévenu: si les mesures ne sont pas mises en oeuvre, les compagnies aériennes pourraient perdre leurs droits de voler vers les États-Unis.

Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni collaborent

Londres a emboîté le pas aux États-Unis. L'interdiction britannique "mise en place d'ici samedi" vise la Turquie, le Liban, la Jordanie, l'Égypte, la Tunisie et l'Arabie saoudite et s'applique à tous les vols directs en provenance de ces pays et à destination du Royaume-Uni. Quatorze compagnies sont concernées, parmi lesquelles British Airways et EasyJet.

"Je vais faire l'analyse nécessaire avec mes collègues et prendre une décision", a de son côté déclaré le ministre canadien des Transports, Marc Garneau. Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni collaborent étroitement en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme dans le cadre de l'alliance des "Five Eyes" regroupant également l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le cabinet du secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, a déclaré à Libération qu'aucune décision n'a été prise en France. Mais un ancien des services français de renseignement a indiqué au quotidien: "Il semblerait notamment qu’Al Qaida dans la péninsule arabique, et plus particulièrement sa branche au Yémen, travaille sur ce type de technique", à savoir se servir des appareils électroniques pour cacher des explosifs et les déclencher en vol.

D. L. avec AFP