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Transports

SNCF: le risque de grève pour les vacances de Noël reste élevé

Après trois séances de négociations cette semaine, les syndicats jugent globalement "insufisantes" les propositions faites par la direction.

La tension est plus forte que jamais à la SNCF après trois journées de tables-rondes de négociations autour des salaires des 148.000 salariés du groupe (NAO obligatoires) et du cas particulier des chefs de bord (les contrôleurs) et des aiguilleurs.

La menace de mouvements sociaux persiste en effet pour la fin d'année à la SNCF, la plupart des propositions faites par la direction ayant été jugées insuffisantes par les syndicats.

Cheminots: décision mardi

Les propositions de la direction: au niveau global, à travers les NAO, la SNCF a proposé aux cheminots une revalorisation salariale de 5,9% en moyenne en 2023.

Le groupe ferroviaire a proposé une augmentation générale de 2% pour tous assortie d'une "revalorisation forfaitaire" de 600 euros bruts annuels, selon une source syndicale.

Avec la majoration de diverses primes (travail de nuit, dimanche, jours fériés) et le paiement de 75% de l'abonnement transport au lieu de 50% actuellement, la direction estime que la revalorisation salariale approche les 6% en moyenne.

La réaction des syndicats: interrogé ce vendredi sur BFMTV, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT juge "largement insuffisantes ces propositions" mais explique que la base va être consultée.

Une annonce sur le maintien de préavis de grève pour les départs de congés de Noël "sera prise mardi" annonce-t-il.

Contrôleurs: sur la bonne voie

Les propositions de la direction: la direction a qualifié les échanges ayant eu lieu jeudi avec les syndicats et un collectif de contrôleurs de "positifs et de bon niveau".

Il s'agit plus de reconnaître les spécificités du métier (déroulement de carrière, le parcours professionnel ou l'organisation du travail...), que d'augmentations de salaires.

La réaction des syndicats et des collectifs: "On est vraiment pas loin d'un accord" malgré "quelques points d'achoppement", a déclaré à l'AFP Nicolas Limon, l'un des fondateurs du collectif à l'origine d'une grève très suivie le week-end dernier et organisée en dehors des syndicats.

"Il y a des points d'achoppement sur la projection des contrôleurs par rapport à leur déroulement de carrière. On a été lésé dans nos déroulements de carrière pendant 10 ou 15 ans et on aimerait bien des mesures de rattrapage", a-t-il détaillé.

Les syndicats ont une semaine pour donner leur avis tout comme les contrôleurs membres du collectif.

Selon nos informations, des préavis ont bien été déposés: du vendredi 23 décembre au lundi 26 décembre, 8h, et du vendredi 30 décembre au lundi 2 janvier 2023, 8h.

Interrogé par BFM Business, Didier Mathis, secrétaire général de l'UNSA-Ferroviaire nous expliquait que l'activation de ces préavis "dépendra des négociations".

Aiguilleurs: préavis de grève maintenu

Les propositions de la direction: une "remise de service" de dix minutes à chaque prise de service: les agents de circulation, qui travaillent en 3x8, doivent en effet arriver ou partir plus tard au moment de la relève pour passer le relais à l'équipe suivante.

Autre mesure mise sur la table par SNCF Réseau: "une indemnité mensuelle forfaitaire de 60 euros (brut)" versée à partir du mois de juin 2023 et qui sera pérenne afin de reconnaître les spécificités du métier.

La réaction des syndicats: les propositions "frôlent le mépris", juge SUD Rail. "Il reste encore du temps à la direction SNCF pour poursuivre les négociations si elle veut éviter un conflit important", a insisté le syndicat dans un communiqué, appelant les agents de circulation à continuer à "déposer massivement" leurs déclarations d'intention, obligatoires pour se mettre en grève.

SUD Rail maintient donc son préavis de grève du 15 au 19 décembre.

La CGT-Cheminots a de son côté qualifié les mesures d'"insuffisantes" et a déposé des préavis sur le plan local mais n'appelle pas à un mouvement national.

Les autres organisations Unsa-Ferroviaire et CFDT-Cheminots n'appellent elles pas à la grève.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business