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SNCF en baisse mais Renault en hausse

la Sncf annonce une perte de 200M€ de sa marge en 2013.

la Sncf annonce une perte de 200M€ de sa marge en 2013. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Les entreprises publient en ce moment leurs résultats pour 2013. Au même moment, Renault annonce un redressement de sa marge opérationnelle tandis que la Sncf annonce une perte de 200 millions d'euros.

Les entreprises publient en ce moment leurs résultats pour 2013. Si Renault est dans le vert, la SNCF est dans le rouge. Derrière le choix des indicateurs mis en avant qui permet à chacune des entreprises de se présenter sous son meilleur jour, on voit deux tendances se dessiner : la filière automobile est porteuse ; le secteur ferroviaire est à la peine.

Renault va bien, la Sncf moins ; qu'en tirer comme premières conclusions ?

Ce qui est important dans les chiffres de ces deux sociétés, c’est les tendances qu’ils traduisent par –delà l’année 2013 en tant que telle. Renault par exemple nous indique que sa marge opérationnelle s’est améliorée ; mais insiste peu sur le fait que son bénéfice est en recul. C’est une astuce de présentation mais qui permet de mieux sentir l’évolution de l’entreprise. Entre les deux, il y a des dépenses exceptionnelles auxquelles a dû faire face Renault en Iran. Fondamentalement, on voit que Renault profite d’un marché automobile qui est moyennement porteur dans les pays développés mais très prometteur dans les pays émergents. En outre, les gains de productivité sont nombreux dans ce secteur ; c’est-à-dire que l’on produit de plus en plus avec des coûts de plus en plus faibles.

En revanche, la Sncf, qui explique ses pertes (environ 200 millions) par des révisions comptables de la valeur de son matériel mais qui passe sous silence le fait qu’elle est très largement subventionnée (8 milliards environ pour un chiffre d’affaires de 35 milliards) subit les conséquences du tassement du trafic. Sur le réseau TGV, qui est l’avenir supposé de l’entreprise, la fréquentation déçoit.

L'automobile et pas le train : cela va à l'encontre des discours sur la nécessité de développer le transport en commun

Dans le destin comparé des deux secteurs, on voit bien qu’il y a un discours officiel très favorable au chemin de fer et une attente des populations qui va vers l’automobile. La Sncf essaie d’améliorer sa situation en réduisant ses coûts. Elle va supprimer cette année 1400 emplois. Et le dernier rapport de la cour des comptes a rappelé que la masse salariale y est importante et mis en avant les manques à gagner supplémentaires qu’elle subit avec par exemple les billets gratuits mis à disposition de ses personnels.

Mais fondamentalement, pour que le rail s’en sorte, il va falloir davantage tenir compte des besoins des populations. On parle beaucoup du TGV, mais sa fréquentation stagne voire recule. On parle de -0,3% de passagers pour 2014. En revanche la ligne D du RER est un des secteurs de la Sncf de plus en plus fréquenté, malgré toutes les critiques qu’elle suscite.

Dans beaucoup de pays, l’effort est fait davantage sur les transports de proximité autour des grandes villes et moins sur les longues distances où l’avion « low cost » prend de plus en plus d’importance.

La Sncf a conscience du problème mais cela va demander un effort de redéploiement des investissements que pour l’instant on ne voit pas venir.

Jean-Marc Daniel