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Ryanair ferait pression sur ses pilotes pour qu’ils consomment moins de carburant

Selon le syndicat Cockpit, les droits des pilotes de Ryanair sont bafoués

Selon le syndicat Cockpit, les droits des pilotes de Ryanair sont bafoués - -

Le syndicat allemand Cockpit accuse la compagnie irlandaise d’exercer "une forte pression" sur ses pilotes pour faire des économies de carburant.  Fin juillet, trois avions de Ryanair avaient atterri d’urgence en Espagne à cause de pannes sèches. 

Le syndicat allemand des pilotes Cockpit, a dénoncé, jeudi 17 août, "la forte pression" exercée par Ryanair pour faire des économies de kérosène. La compagnie irlandaise établirait des listes classant les pilotes en fonction de leur consommation de carburant. Et elle réglementerait drastiquement la quantité de kérosène emmenée par les avions.

La charge maximum serait fixée à 300 kilos de kérosène en plus des besoins nécessaires pour le vol. Ce qui représente à peine 20 minutes d’autonomie pour un moyen-courrier. Pour tout gramme de carburant supplémentaire, les pilotes auraient l’obligation de se justifier par écrit. La compagnie chercherait ainsi à limiter le poids des avions. En effet, plus un appareil est lourd et plus sa consommation de kérosène est élevée. 

Les autorités espagnoles ont ouvert une enquête

Il serait donc impossible pour les pilotes de déterminer quelles réserves doivent être embarquées pour s’assurer que les vols se déroulent dans des conditions de sécurité optimale. La règle peut s’avérer particulièrement problématique lorsque les vols desservent des aéroports très fréquentés, au-dessus desquels les avions risquent de devoir tourner avant d'atterrir.

"Les droits des pilotes sont bafoués" et ces derniers "ne peuvent plus assumer leurs responsabilités", a déploré le porte-parole du syndicat Cockpit. Les autorités aériennes espagnoles ont ouvert une enquête sur Ryanair, après que la compagnie ait demandé, fin juillet, les atterrissages en urgence de trois de ses avions à cause d’un manque de kérosène. Ryanair récuse ces accusations et soutient que ses vols s’opèrent avec "les niveaux de kérosène requis".