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Renault se prépare à une profonde restructuration

Pour faire face à la crise, le groupe au losange pourrait considérablement réduire sa gamme de modèles. Dans le même temps, le plan d'aide à la filière automobile se précise.

Face au choc de demande, Renault doit se restructurer en profondeur. A commencer par sa gamme. Le constructeur n'a jamais réussi a s'imposer dans le haut de gamme et, selon Reuters, ses modèles Talisman et Fluence devraient disparaître, tout comme certains modèles emblématiques comme l'Espace et le Scenic.

L'objectif : donner la priorités aux crossovers et aux SUV. Deux gammes aux marges importantes et qui sont plébiscitées par les automobilistes.

Autre piste, pour sauver l'alliance: Nissan pourrait fermer son usine de Barcelone, selon le journal Nikkei. L'année dernière, le site n'a produit que 55.000 véhicules alors qu'elle peut en produire quatre fois plus.

Un plan de 2 milliards d'économies sur 3 ans

En France, des fermetures d'usines ne sont pas à exclure, pour Renault le sujet n'est pas "tabou". Au total c'est une plan d'économie de 2 milliards d'euros sur trois ans que Renault pourrait annoncer d'ici à la fin du mois.

Dans le même temps, Bercy peaufine son plan d'aide à la filière. "Nous sommes très satisfaits des discussions avec Bercy", résume un haut responsable de la filière automobile. "L’écoute est parfaite et les mesures pourraient être annoncées bien avant la fin du mois de juin", ajoute-t-il.

Relancer la consommation

Un conseil de l’industrie présidé par le Premier ministre Edouard Philippe se tient en effet le 25 mai prochain et la filière travaille pour que des annonces soient faites à cette occasion.

Et le secteur a donc bon espoir de voir ses propositions se concrétiser. Il s’agit d’abord de relancer d’urgence la consommation. Cela passerait par un élargissement temporaire de la prime à la conversion, une augmentation de la prime à l’achat de véhicules électriques pour les flottes d’entreprises et la mise en place d’incitations pour les voitures hybrides rechargeables.

Et puis le secteur a aussi identifié les activités à relocaliser, à savoir les 4 filières à forte valeur ajoutée pour la France: les batteries, la conversion d’énergie, l’hydrogène et la connectivité.

Etienne Bracq, Thomas Sasportas avec OC