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Renault prend acte du ralentissement du marché automobile

Après un premier semestre difficile, Renault place ses espoirs dans ses futurs best-sellers, notamment la nouvelle Clio V.

Après un premier semestre difficile, Renault place ses espoirs dans ses futurs best-sellers, notamment la nouvelle Clio V. - Fabrice COFFRINI / AFP

Le constructeur abaisse ses prévisions de chiffre d'affaires 2019 après un 1er semestre plutôt difficile. Mais la rentabilité devrait rester stable.

C'est une mauvaise surprise pour Renault... Mais elle ne fait que confirmer le retournement actuel du marché automobile, auquel le constructeur n'échappe pas. Après une année 2018 robuste, cette première partie d'année 2019 marque le pas, avec une forte dégradation du bénéfice net, divisé par 2 à un peu plus d'1 milliard d'euros, et un résultat opérationnel en repli, passant sur un an d'1,9 à 1,6 milliard d'euros.

Renault constate « une dégradation de la demande », qui s'est soldée par une baisse des ventes mondiales en volume sur le 1er semestre (-6,7%). Et face à cela, le groupe abaisse ses prévisions de chiffre d'affaires pour l'année. Attendu « en hausse » à l'origine, il est tout au mieux attendu stable désormais.

Garder le cap

Mais le constructeur doit faire face à la fois au tassement du marché européen auquel personne n'échappe, avec une dégradation beaucoup plus marquée que prévu aussi sur la Russie, devenue son second marché. Le tout alors que le constructeur est en plein renouvellement de gamme. Des facteurs particuliers qui pèsent, alors qu'en plus Renault doit gérer les contre-performances de Nissan, qui ont un impact naturellement négatif sur les bénéfices.

« C'est un semestre plus compliqué que prévu » constate Thierry Bolloré, Directeur Général de Renault. « Mais nous avons réussi à garder le cap, en maitenant un bon niveau de profitabilité et nos parts de marché. Et c'est en soi une performance, car il faut tenir compte du fait que nous n'avons sorti aucun nouveau modèle ces 6 derniers mois », ajoute-t-il.

Marges préservées

Car malgré es chiffres négatifs, Renault garde ses marges intactes. A 5,9%, la marge opérationnelle reste tout à fait dans les clous des prévisions annuelles, autour des 6%. Ce qui signifie que Renault attend un coup de booster sur le second semestre, et particulièrement du lancement commercial du lancement de la nouvelle Clio V (voiture la plus vendue de France, 2ème d'Europe), de la nouvelle version du SUV Captur et de la nouvelle Zoé électrique.

Des modèles désormais à bon niveau de marge, tant Renault a progressé en terme de qualité et d'ambition à ce niveau ces dernières années, tout en réduisant ses coûts de production.

La seconde partie de l'année devrait être sans doute un peu plus dynamique pour Renault, qui va donc bénéficier des premiers effets positifs de la mise en vente de plusieurs best-sellers. Mais les principales menaces qui pèsent désormais sur le groupe désormais sont une poursuite de la dégradation du marché russe, le tassement continu en Europe... ainsi que d'éventuelles nouvelles contre-performances chez Nissan.