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Quand le patron de Porsche se rit d'Apple et de la voiture autonome

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- - Bernd Weissbrod / DPA / AFP

Les marques de sport ne devraient pas être impactées par l'émergence de la voiture autonome, selon le patron de Porsche qui ne craint pas du tout l'arrivée des géants de la Silicon Valley sur ces marchés.

Apple, Google, Tesla et même Uber. Les géants de la Silicon Valley s'apprêtent à foncer sur le marché de l'automobile. Leur arme: l'électronique. Leur ambition: rendre toutes les voitures autonomes. Une montée en puissance qui inquiète la plupart des grands noms de l'automobile. A commencer par Mercedes dont le patron a avoué craindre de devenir le "Foxconn d'Apple", soit d'être relégué au rang de simple sous-traitant.

Une crainte qu'est pourtant loin de partager l'homme qui pris les commandes de Porsche en octobre dernier. Dans une interview accordée au quotidien allemand Westfalen-Blatt, Oliver Blume fait entendre un son de cloche un peu différent. Selon lui, les amateurs de Porsche ne sont pas prêts à céder le volant à une machine. "Ils voudront toujours conduire eux-mêmes leur Porsche", assure le patron de la marque souabe.

D'ailleurs, précise-t-il, ses ingénieurs ne travaillent pas du tout à ce genre de concept. Un scepticisme partagé par les responsables de Lamborghini, une autre marque du groupe Volkswagen. Selon eux, la voiture de sport est incompatible avec le concept d'autonomie.

"Un iPhone c'est fait pour la poche, pas pour la route"

Et par ailleurs, selon Porsche, les grands fabricants peuvent très bien se passer des géants de la tech. "Un iPhone c'est fait pour la poche, pas pour la route", ironise ainsi Oliver Blume. Une façon de rappeler que les fabricants de gadgets électroniques ne jouent pas dans la même cour qu'eux. 

Un optimisme qui n'est pourtant pas partagé par Volkswagen, la maison-mère de la marque. Au cours d'une conférence tenue la semaine dernière à Bruxelles, Matthias Muller, le nouveau président de Volkswagen a appelé les autorités européennes à réagir pour "ne pas laisser la mobilité du futur à la Silicon Valley." "Les efforts de notre industrie seule ne suffiront pas", a-t-il précisé avant de rappeler que l'Europe avait besoin d'un réseau étendu de stations de recharge électrique.

L'avenir de l'automobile semble donc se dessiner tout doucement avec, d'un côté, des voitures plaisir dédiées à la conduite comme celles des marques de sport et de l'autre un mass market dominé par des modèles électriques et sans conducteur. Et la transformation pourrait être plus rapide que ce que l'ont croit. Selon une étude du Boston Consulting Group, les voitures autonomes ou semi-autonomes devraient représenter 13% des ventes d'ici 2025, soit un marché colossal de 42 milliards de dollars

Frédéric Bianchi