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Quand des actionnaires de Mercedes se battent pour quelques saucisses

Il y avait plus de 12.000 saucisses

Il y avait plus de 12.000 saucisses - Frank C Müeller - Wikimedia Commons - CC

"Lors de la dernière assemblée générale, un actionnaire de Daimler, la maison-mère de Mercedes-Benz, a voulu se servir trop goulûment au buffet, provoquant la colère d'une des convives. La police a dû intervenir."

Il faut croire que le versement d'un dividende record par Daimler, la maison-mère de Mercedes, a laissé au moins un actionnaire sur sa faim. Lors de son assemblée générale à Berlin, le constructeur allemand a en effet annoncé qu'il gâterait tout particulièrement ses actionnaires avec un dividende historique à hauteur de 3,25 euros par action.

Mais a priori les 5.500 convives n'étaient pas forcément venus pour écouter le président du conseil d'administration, Manfred Bischoff, leur annoncer la bonne nouvelle qu'ils auraient de toute façon tout aussi bien pu apprendre par la presse (ou via un compte-rendu).

Certains ont ainsi profité de l'occasion pour se faire plaisir avec le copieux buffet qui, selon Bloomberg, représente souvent le meilleur moment de la journée pour les actionnaires des grands groupes européens. Le constructeur allemand avait ainsi prévu de servir pas moins de 12.500 saucisses. Soit rapporté au nombre d'actionnaires présents, 2,3 saucisses par personne.

La police appelée

Un ratio correct à condition que personne n'abuse. Or, visiblement l'un des actionnaires au moins était venu pour faire des provisions. Cet homme dont l'identité n'a pas été révélée s'est fait une joie d'envelopper plusieurs saucisses pour pouvoir les déguster plus tard chez lui. Ou disposer d'un en-cas gratuit dans le train du retour.

Ces (mauvaises) manières n'ont guère plu à une autre actionnaire du groupe qui s'est empressée de le faire savoir à l'intéressé. Le ton est monté et ils ont commencé à se disputer, rapporte l'agence allemande DPA. Histoire de faire retomber la tension, l'entreprise a fini par appeler la police pour séparer les deux personnes.

Assez peu de détails ont filtré si ce n'est que l'homme était venu tout spécialement de Stuttgart et que l'autre actionnaire a porté plainte pour diffamation.

Évidemment cette histoire pour le moins insolite ravit les internautes allemands. "La classe mondiale" ironise l'une d'elle sur Twitter, tandis qu'un autre montre très clairement combien il trouve ce spectacle affligeant. Les jeux de mots tendancieux sur la saucisse pleuvent et bon nombre d'entre eux s'amuse aussi de voir "que tout est une question de saucisse chez Daimler".

Le magazine allemand Manager Magazin a lui trouvé bon de rebondir sur la plaisanterie en écrivant un article sur les "5 questions à se poser sur le Wurstgate ("Wurst" signifie "saucisse" dans la langue de Goethe).

Même le président du CA de Daimler, Manfred Bischoff, a préféré prendre l'histoire sur le ton de la plaisanterie. Quelle leçon faut-il tirer, selon lui? "Que soit nous avons besoin de plus de saucisse, soit nous devons arrêter d'en proposer", conclut-il.

J.M.