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PSA : les salariés acceptent des sacrifices pour sauvegarder l’emploi

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Des syndicats représentatifs de PSA Peugeot-Citroën ont signé ce jeudi un accord de compétitivité. En échange d’efforts salariaux et sur la flexibilité, la direction s’engage à garder les usines jusqu’en 2016 et à augmenter la production en France.

Le nom paraît positif, mais pour les salariés, c’est parfois une couleuvre dure à avaler : le « nouveau contrat social » devait être signé ce jeudi à PSA lors d'un comité central d'entreprise extraordinaire.
Quatre syndicats se sont prononcés en faveur de cet accord: la CFE-CGC, FO, la CFTC et le SIA-GSEA, ce qui permettra sa validation même sans l'approbation de la CFDT et de la CGT. Le deal : un maintien du gel des salaires en 2014, baisse des primes, flexibilité accrue, en échange d’un maintien des sites de PSA en France d’ici 2016 et une augmentation de la production.

Une baisse des ventes de 3,7% sur un an

Finalisé après 13 réunions de négociations, ce contrat doit permettre de redresser le groupe qui emploie plus de 70 000 personnes en France, et « assurer la pérennité des usines » dans le pays, « et donc des emplois », selon PSA. Le groupe a vu son chiffre d'affaires baisser au troisième trimestre et pourrait réduire la voilure de son alliance avec l'américain General Motors, alors que les incertitudes demeurent concernant son avenir. Ses ventes ont reculé de 3,7% sur un an à 12,1 milliards d'euros au troisième trimestre. Mais chez les salariés, le doute est de rigueur.

« Ça écœure »

« Je suis un peu déstabilisé, je vais être père, on me demande de faire des efforts, ça écœure, mais il faut faire des sacrifices », estime Hervé, logisticien à Poissy depuis 3 ans. Mathieu, lui, est plus sceptique et pense déjà à son départ. « Moi je n’y crois pas, c’est pour ça que j’ai l’objectif de refaire mon CV et de postuler quelque part. J’ai 30 ans, j’ai encore l’âge de changer d’entreprise ».

« Je ne sais pas comment je vais faire »

Avec 10 ans d’ancienneté en tant que cariste, Stéphanie pense quant à elle qu’elle s’est « bien faite avoir ». Pour elle, c’est une vraie perte de revenus. « Je vis déjà sur mon découvert, je ne sais pas comment je vais faire au bout d’un moment pour honorer mes factures. Au niveau des heures supplémentaires, des samedis, il n’y a plus rien, plein de primes ont sauté. Quand on a 10 ans d’ancienneté, ce n’est pas possible ».

Le titre de l'encadré ici

|||>> Nouveau contrat social : faut-il dire non ?

M. Chaillot avec Victor Joanin