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Pourquoi PSA et Renault ont massivement recours à l'intérim

Les deux constructeurs tricolores embauchent de plus en plus via des contrats de courte durée, rapportent Les Échos ce jeudi 10 décembre. PSA et Renault veulent pouvoir répondre à la hausse ponctuelle de la demande sans prendre le risque de devoir licencier dans le cas où le rebond serait de courte durée.

Des intérimaires pour faire tourner les usines de PSA et de Renault en France. Selon Les Échos, on assiste à une montée en flèche du nombre de contrats à durée déterminée. C'est surtout le cas chez Renault. Les intérimaires y représentaient à la fin du mois d'octobre 45% des effectifs industriels en France.

Globalement, à la fin du mois d'octobre, les deux groupes employaient 4.200 intérimaires de plus qu'à la même période, l'an passé. Les syndicats s'inquiètent de cette précarisation, d'autant que le marché automobile s'est nettement repris.

Mais PSA et Renault souhaitent, eux, jouer la carte de la prudence. En effet, depuis le début de l'année, le marché a beau se reprendre, les volumes restent largement en-dessous des performances d'avant la crise.

Gagner en flexibilité

La dégringolade des ventes a obligé Renault et PSA à massivement réduire les effectifs dans leurs usines. Une réduction du nombre d'ouvriers coûteuse car elle a pris de nombreux mois. Pas question donc de prendre le risque de revivre cette situation.

Pour Renault et pour PSA, la priorité est donc de gagner en flexibilité. L'objectif est d'être en mesure d'adapter en quelques jours la production à un éventuel retournement du marché. Le but est donc de ne pas gonfler les stocks. De plus, les habitudes de consommation ont évolué. Certains modèles ont ainsi des succès éphémères.

Difficile dans ces conditions pour les constructeurs de faire des prévisions à long terme. Les syndicats, eux, pointent un risque: la baisse de la qualité. Un paradoxe au moment où Renault comme PSA se sont engagés dans une montée en gamme.

Mathieu Sévin