BFM Business

Pourquoi PSA et FCA n'ont pas proposé de concessions à Bruxelles sur leur fusion

Les constructeurs italo-américain et français avaient jusqu'à mercredi 10 juin minuit pour proposer à la Commission européenne des solutions afin d'éviter des problèmes de concurrence. Mais ils ont préféré ne rien concéder pour l'instant.

Fiat Chrysler (FCA) et PSA n'ont pas proposé de concessions à Bruxelles pour dissiper ses craintes sur les effets de leur fusion sur la concurrence, ce qui rend probable une enquête approfondie sur leur mariage, selon des sources concordantes.

La date-butoir pour émettre un premier avis sur cette fusion des deux constructeurs automobiles est maintenue au 17 juin, selon le site de la Commission européenne. 

Or, les constructeurs italo-américain et français avaient jusqu'à mercredi 10 juin minuit pour soumettre à la Commission européenne ce que l'on appelle des "remèdes" dans le jargon bruxellois, qui peuvent être des cessions d'activités ou de sites par exemple. 

Enquête approfondie 

Si FCA et PSA (Peugeot Citroën) avaient soumis des concessions, la date-butoir aurait été repoussée, ce qui n'est pas le cas.

Selon plusieurs sources, il est probable que la Commission décide donc la semaine prochaine de lancer une enquête approfondie (qui dure en gros quatre mois, selon les règles de l'UE) sur cette union.

Pourquoi ce silence des constructeurs? Carlos Tavares n'est pas un homme de concessions. C'est ce que nous dit un délégué syndical. Ce membre du comité européen du groupe PSA n'est donc pas étonné quand on l'interroge sur le silence des constructeurs face aux questions posées par Bruxelles.

Position dominante dans les véhicules utilitaires

Si Carlos Tavares semble ne rien vouloir céder, c'est qu'Il est convaincu du projet, nous dit on en interne. Sur un autre dossier, il estime par ailleurs avoir déjà fait beaucoup d'effort avec la Commission sur la réduction des émissions de CO2.

Reste que le projet de fusion soulève un problème de concurrence sur le marché très lucratif des véhicules utilitaires en Europe.

PSA (avec Peugeot, Citroën et Opel) pèse en Europe plus d'un quart de ce marché sur la base des chiffres 2019. Le groupe Fiat ajoute 9% supplémentaires. L'ensemble cumulerait donc plus de 34% de parts de marché, plus du double du numéro 2, Renault qui est à 16,4%.

Le fait de lancer une enquête approfondie ne préjuge en rien de l'issue finale de la décision de la Commission européenne. Cela prend toutefois davantage de temps pour avoir éventuellement une autorisation ou une interdiction. Et généralement, il est demandé aux groupes de faire des concessions.

OC avec AFP et Julien Rizzo