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Pour le service Autolib', la fin est annoncée

La présidente du syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole proposera de mettre fin au contrat avec le groupe Bolloré le jeudi 21 juin révèle Le Parisien. Il pourrait en coûter aux collectivités "plusieurs dizaines de millions", un montant bien inférieur aux 233 millions que leur réclame Bolloré.

Lancé en 2011 sur Paris, puis ultérieurement sur les communes limitrophes, le service d'autopartage du groupe Bolloré voit ses jours comptés. Catherine Baratti-Elbaz, présidente du syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole, annonce, dans Le Parisien, son intention de proposer la fin du contrat avec le groupe Bolloré le jeudi 21 juin. Cette décision de mettre fin à Autolib' ne surprendra guère. Dans une interview au journal Les Echos, le 4 juin 2018, la maire de Paris se disait déjà prête à "regarder ce qui se fait ailleurs."

"Le groupe Bolloré nous a adressé un courrier nous proposant une alternative: soit régler une facture astronomique et totalement inacceptable de 233 millions d'euros, soit résilier le contrat. Les communes que je représente n’ont évidemment pas les moyens de payer une telle somme. Je proposerai donc aux élus du syndicat de voter pour la résiliation du contrat. C’est la meilleure façon de défendre les contribuables" déclare-t-elle.

Un service d'autopartage ultra-déficitaire

Le groupe Bolloré a estimé à 293,6 millions d'euros la dette d'exploitation du service lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë (PS), jusqu'à la fin du contrat en 2023. Contraint par contrat à donner de sa poche 60 millions d'euros, il a demandé aux collectivités utilisatrices du service dans la métropole, dont surtout Paris, de lui verser 46 millions d'euros par an pour régler le reste du déficit.

La résiliation, si elle est votée, ne se fera toutefois pas sans frais pour les collectivités locales. "Les experts du syndicat sont en train d’évaluer le montant précis, plusieurs dizaines de millions d’euros" ajoute la présidente du syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole.

Il n'y aura pas d'appels d'offres pour le futur

Se pose aussi la question de l'indemnisation des usagers qui sont plus de 150.000 actuellement. Dans les négociations qui ne manqueront pas d'intervenir avec le groupe Bolloré, le syndicat gestionnaire prévoit que soit établi un calendrier de retrait et fixées les modalités de remboursement des clients.

Cette éventuelle résiliation est "l'opportunité de mettre au service des usagers de nouvelles solutions", selon Catherine Baratti-Elbaz. "Il ne s'agira pas de remplacer Autolib' par un seul acteur, mais par plusieurs qui proposeront des solutions complémentaires, adaptées à chacun : pour des trajets intramuros, pour des trajets petite couronne - Paris, pour des locations longue durée quand on veut partir en week-end, etc." ajoute-t-elle.

Il existe déjà d'autres services d'autopartage à Paris

Pour le(s) futur(s) service(s) d'autopartage qu'il envisage, a priori, le syndicat gestionnaire ne signera pas une nouvelle délégation de service public, ce qui veut dire qu’il n’y aura pas d’appels d’offres. Il existe déjà des systèmes privés d'autopartage (Zipcar, Communauto) à Paris, sans frais pour le contribuable.

"Une ou des alternatives peuvent donc être mises en place très rapidement. Par ailleurs, si Bolloré reste propriétaire des voitures, les bornes de recharge, elles, deviennent la propriété des villes" précise l'élue.

Frédéric Bergé