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Pour Emirates, "pas de remise en cause de l'A380, au contraire"

La compagnie aérienne de Dubaï estime que le gros porteur d'Airbus abandonné par plusieurs de ses concurrents est économiquement viable. Explications avec Cédric Renard, directeur général France.

L'A380, le géant des airs, ne fait plus recette auprès des compagnies aériennes. Trop coûteux, trop difficile à remplir, trop gourmand en carburant, inadapté aux nouveaux besoins des voyageurs... beaucoup d'entre elles ont décidé de réduire la voilure ou même, comme Air France ou encore Lufthansa et Thai Airways d'arrêter son exploitation tandis qu'Airbus a sonné la fin de sa production.

D'autres font le pari inverse, comme Emirates qui entend encore opérer ses 115 appareils et qui va même en recevoir trois autres (les trois derniers fabriqués par Airbus) d'ici cet automne. La compagnie de Dubaï a même fait en sorte d'être livrée plus tôt que prévu.

"On a mis en place les moyens pour l'opérer", explique à BFM Business, Cédric Renard, directeur général France. Le dirigeant rappelle ainsi que la compagnie a beaucoup investi dans les aménagements des A380 afin de rendre l'expérience de voyage unique. "Voler dans un A380 d'Emirates, ce n'est pas juste voler dans un A380", résume-t-il.

"Cet avion est superbe"

Surtout, le modèle de la compagnie permet de maintenir ses superjumbos en vol. "On a les compétences, le centre de maintenance, le trafic dense nécessaire dans nos liaisons de point à point ou en hub, la croissance du trafic vers et depuis Dubaï en longues distances", explique-t-il.

Et de poursuivre: "il n'y a pas de remise en cause, au contraire. Cet avion est superbe, il est plébiscité par les voyageurs, on croit en cet avion qui permet par ailleurs de nous différencier".

Cédric Renard relève d'ailleurs que certaines compagnies qui avaient annoncé son arrêt définitif songent à faire machine arrière comme Qatar Airways ou encore Eithad Airways.

Illustration de cette volonté, Emirates équipe ses A380 de sa nouvelle classe Economie Premium soit 56 sièges inclinables à 120 degrés équipés des "écrans plats les plus grands du marché". "Alors que l'appétence pour le voyage revient, c'est selon nous le meilleur moment pour lancer cette classe", souligne le responsable.

Une nouvelle classe Eco Premium pour améliorer la rentabilité

Il s'agit également d'améliorer la rentabilité de l'appareil, cette nouvelle classe devant faire augmenter le prix moyen du billet. "C'est une offre complémentaire. L'objectif est de faire venir les passagers qui voyagent en Eco qui est déjà au niveau des classes Eco Premium de nos concurrents".

Cette stratégie s'inscrit dans un contexte de reprise forte pour la compagnie. "Après cette crise totale, nous avons relancé notre réseau de manière cohérente et séquencée. Je rappelle que Dubaï est ouverte aux voyageurs depuis le 7 juillet 2020. Cet été, en juillet et août, nous avons transporté 1,2 million de voyageurs contre 400.000 en 2020, cela démontre un rebond massif. En fin d'année, nous serons à 70% de nos capacités", explique Cédric Renard qui affiche un optimisme mesuré.

"On est confiant sur l'avenir tout en étant prudent" avance-t-il. Outre la reprise mécanique du trafic, Emirates devrait par ailleurs profiter du formidable appel d'air qui sera provoqué par la tenue de l'Exposition universelle de Dubaï qui se tiendra du 1er octobre au 31 mars 2022 où 190 pays dont la France seront présents. "Pour la fin de l'année, Dubaï est très recherchée", glisse le directeur général.

Preuve que la compagnie parie sur un fort rebond, 3000 membres d’équipage et 500 agents des services aéroportuaires seront recrutés dans les six prochains mois.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business