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L'Airbus A380 n'a pas dit son dernier mot

Alors que certaines compagnies continuent à exploiter le plus gros avion du monde, d'autres qui avaient annoncé y renconcer pourraient faire marche arrière.

L'an passé, plusieurs grandes compagnies aériennes comme Air France, Lufthansa ou Thai Airways ont annoncé leur intention d'abandonner l'exploitation de leurs gros porteurs comme le mythique Airbus A380. Déjà sur la selette pour leurs coûts d'exploitation, le sort de ces énormes quadrimoteurs a été scellé par la crise sanitaire qui a paralysé le transport aérien. Leur capacité hors normes est devenue un handicap.

L'A380 et sa capacité à accueillir jusqu'à 800 passagers pose des problèmes de rentabilité. Pourtant, alors qu'Airbus a annoncé la fin de sa production il y a pile un an, le plus gros avions du monde fait de la résistance.

Plusieurs compagnies ont décidé de le maintenir en vol encore plusieurs années comme Emirates (qui doit recevoir cet automne les trois derniers appareils fabriqués par Airbus), Qantas qui va faire revoler 5 des 12 appareils de sa flotte, ANA ou encore China Southern. Et certaines qui avaient annoncé y renoncer pourraient faire marche arrière.

"Plus grande erreur"

Tony Douglas, PDG d'Eithad Airways continue de souligner qu'aujourd'hui, l'appareil d'Airbus "n'a tout simplement plus de sens économique" tout en ajoutant "vous ne dites jamais 'jamais' dans la vie, sur à peu près n’importe quel sujet, rien ne nous donnerait plus de satisfaction" qu'un retour de l'A380.

Si évidemment la rentabilité est au rendez-vous: "si le volume c’est-à-dire les coefficients d’occupation reviennent à un niveau élevé, mais surtout (…) si le rendement du billet revient", souligne-t-il. Rappelons que la compagnie possède dix A380.

Même tonalité de la part de Akbar al Baker, PDG de Qatar Airways qui évoque "une très petite possibilité" d'un retour sur ses lignes de cinq de ses dix A380. Plus tôt dans l'année, il avait pourtant parlé de "plus grande erreur" en évoquant leur acquisition.

D'autres compagnies hésitent. C'est le cas de Singapore Airlines qui possède 12 appareils ou encore de British Airways.

Malgré tout, l'état de santé des compagnies aériennes (et les considérations environnementales) ne permet pas de nourrir beaucoup d'espoirs pour le retour des superjumbos dans le ciel. Aujourd'hui, sur les 243 A380 en service avant la crise, moins d'une quarantaine a repris les vols.

"Les compagnies sont dans une logique de rentabilité. Elles se sont énormément endettées pour survivre à la crise et elles vont devoir générer de la rentabilité au maximum. Cela passe par des taux de remplissage élevés et donc des cabines plus petites", expliquait à BFM Business, Guillaume Hue, partner du cabinet Archery Strategy Consulting et spécialiste du secteur.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business