BFM Business

Peugeot ne veut pas de nouvelles aides à l'achat de voitures qui "droguent" le marché

Le constructeur automobile rouvre ce lundi ses concessions. Invité de Good Morning Business, Jean-Philippe Imparato, directeur de la marque, souligne que les aides en faveur de l'achat de voitures neuves sont finalement "néfastes" pour le marché.

Alors que les ventes d'automobiles ont connu une chute sans précédent lors du confinement, l'heure de la reprise a sonné pour le secteur. La marque Peugeot, dont les ventes ont baissé de 30% en Europe au premier trimestre, rouvre ainsi ses concessions ce lundi matin et espère livrer au plus vite les 200.000 véhicules commandés avant et pendant la crise sanitaire.

Mais face à une crise qui risque encore de perdurer, la marque au lion n'entend pas demander au gouvernement de nouveaux dispositifs d'incitation à l'achat pour accélérer la reprise, contrairement à d'autres acteurs du secteur.

Sur BFM Business ce lundi, Jean-Philippe Imparato, directeur de la marque, est très clair. "Nous ne sommes pas particulièrement demandeurs de mesures qui conduiraient à tordre le marché dans un sens, qui à la fin seraient néfastes pour l'industrie à moyen terme".

Et de poursuivre: "On se rappelle tous de 2008. Et on l'a tous payé en 2011. A l'exception du support à la transition énergétique qui est normal, (...) pas de mesures qui conduisent à la fin à droguer un marché qui de toutes façons le paye. On a mis des années à construire des marques, à construire des produits qui se tiennent et dont la valeur est reconnue. Ne brisons pas cela par un mouvement de panique à la sortie d'un Covid".

Faurecia veut un plan pour relancer la demande

"Pas de drogue, un marché normal, un soutien à la transition énergétique et le reste on s'en occupe", conclut le responsable.

Un avis que ne partagent pas tous les professionnels du secteur. Pour Patrick Koller, le patron de l'équipementier automobile français Faurecia, la mise en place d'un plan de relance par le gouvernement pour stimuler les achats automobiles est au contraire nécessaire.

"Le gouvernement a pris les bonnes décisions concernant le chômage temporaire parce que ça permet de gagner du temps, de nous donner la possibilité de voir quelle est la réalité du décrochement de la demande. Mais maintenant, il va falloir s'occuper de la demande, c'est la plus grande incertitude du moment. Nous ne savons pas comment les consommateurs vont réagir. Donc oui, c'est très important de relancer la demande correctement", avait-il expliqué sur BFM Business.

Olivier Chicheportiche