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Pas de sortie de crise entre Renault, Nissan et l'État

Les tensions entre Emmanuel Macron et Carlos Ghosn sont vives depuis la montée au capital de l'Etat.

Les tensions entre Emmanuel Macron et Carlos Ghosn sont vives depuis la montée au capital de l'Etat. - Charly Triballeau - AFP

Le conseil d'administration extraordinaire de Renault n'a pas permis de trouver une solution au conflit entre le constructeur français, l'État, et Nissan.

Toujours pas de solution à l'horizon. Le conseil d'administration de Renault souhaite favoriser "une solution préservant l'intérêt social de Renault et renforçant l'alliance" avec Nissan, a annoncé l'instance vendredi soir, en pleine période de tensions avec l'État.

Lors d'une réunion extraordinaire, les 19 membres du conseil "ont procédé à un premier point d'étape des discussions engagées entre les deux principaux actionnaires de long terme de Renault, l'État français et Nissan", ont-ils indiqué dans un communiqué. Cette rencontre s'est produite au terme d'une nouvelle semaine de tiraillements entre la firme au losange, son allié nippon et Bercy sur le rôle de l'État actionnaire.

A la source des tensions, la décision du gouvernement français de monter au capital de l'ancienne Régie nationale au printemps dernier. De 15%, la part de l'État est montée à 19,7%. Le gouvernement s'était ainsi assuré une minorité de blocage pour imposer à l'entreprise, lors de l'assemblée générale des actionnaires le 30 avril dernier, l'application de la loi "Florange" qui récompense les détenteurs d'actions de long terme par l'octroi de droits de vote double.

"Volonté de calmer le jeu"

Le coup de force du gouvernement, qui va pouvoir exercer de tels droits dès la prochaine AG en 2016, a provoqué l'"inquiétude" de Nissan, dirigé comme Renault par Carlos Ghosn. Les deux entreprises sont liées depuis 1999. Renault détient 43,4% de Nissan, et une filiale de ce dernier contrôle 15% du groupe français.

Cependant, au titre de règles sur "l'autocontrôle", les actions détenues par Nissan ne lui confèrent pas de droits de vote à l'assemblée générale de Renault. "Pour poursuivre les discussions, le conseil d'administration a décidé de s'organiser pour favoriser la recherche et la formalisation d'une solution préservant l'intérêt social de Renault et renforçant l'alliance", selon le communiqué diffusé vendredi soir par Renault.

Concrètement, selon une source proche des participants, le conseil a décidé "de désigner en son sein une sorte de comité ou cellule chargée de proposer une solution".

De source syndicale, la réunion s'est déroulée avec "la volonté de calmer le jeu". Elle a été l'occasion de faire "un point d'avancement sur les relations entre les représentants de l'État et Nissan".

Y.D. avec AFP