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Opel ne veut pas appliquer la hausse de 4,3% des salaires dans la métallurgie allemande

Le propriétaire d'Opel veut renégocier certains engagements passés sur de nouvelles productions outre-Rhin en échange d'efforts de productivité et de modérations salariales.

Le propriétaire d'Opel veut renégocier certains engagements passés sur de nouvelles productions outre-Rhin en échange d'efforts de productivité et de modérations salariales. - Daniel Roland-AFP

Après l'annonce d'un plan de départ volontaires, la direction d'Opel veut décaler le paiement dû à ses salariés allemands de la hausse de salaires de 4,3% en 2018 négociée par le syndicat IG Metall pour la branche.

C'est un nouveau bras de fer qui se profile pour Opel en Allemagne avec ses salariés. Après l'annonce mardi 27 mars d'un plan de départs volontaires, le constructeur automobile entend ne pas appliquer tout de suite l'augmentation salariale de 4,3% négociée pour 2018 par le puissant syndicat IG Metall pour toute la branche métallurgie. 

Cette information émane de documents du comité d'entreprise et d'IG Metall dans le cadre des négociations en cours avec la direction d'Opel selon le journal économique allemand WirtschaftsWoche. Ils précisent que la direction d'Opel souhaite un "report temporaire de la mise en œuvre de l'augmentation de salaires".

Une augmentation qui intervient à un mauvais moment

Cette hausse doit s'appliquer à partir du 1er avril et doit se retrouver sur la paie des salariés à la fin du mois prochain. Le constructeur n'a pas souhaité commenter les négociations en cours avec le comité d'entreprise et IG Metall sachant qu'il existe une dérogation possible à l'application de ces hausses de salaires dans le cas d'entreprise en difficulté.

Pour exiger des efforts à ses salariés allemands, la direction met dans la balance son engagement, dont les modalités sont à négocier, à confier la fabrication de nouveaux modèles dans les usines d'Opel outre-Rhin, notamment à Eisenach qui espère produire un SUV. La difficulté pour PSA, nouveau propriétaire d'Opel, vient du fait qu'il lui faut, ici, renégocier des engagements sur des productions au profit des usines allemandes, passés du temps où le constructeur était filiale de General Motors.

Mais, surtout, l'actuelle direction d'Opel souhaite d'autant moins faire bénéficier de cette augmentation générale ses salariés allemands que dans les autres pays où elle assemble ses véhicules, comme l'Espagne, le personnel a accepté des mesures de modération salariale et davantage de souplesse au niveau des horaires.

Frédéric Bergé