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"On ne peut pas répondre à la demande à court terme", regrette Guillaume Faury, président de Airbus

Avec 863 appareils livrés en 2019 et un objectif de 880 cette année, l'avionneur européen profite clairement des difficultés de son concurrent Boeing. Mais son patron concède sur BFM Business avoir du mal à répondre à la demande malgré les augmentations de cadence.

Par contraste à la crise que traverse son concurrent américain Boeing, due à l'immobilisation depuis mi-mars 2019 de son 737 MAX, Airbus affiche une activité florissante avec un chiffre d'affaires de 70,5 milliards d'euros en 2019, en hausse de 11%. L'avionneur a livré 863 avions commerciaux en 2019, contre 800 l'année précédente et prévoit d'en livrer "environ 880" en 2020.

Et Airbus a repris en 2019 la couronne de premier avionneur civil mondial avec un carnet de commandes cumulé de 7.725 appareils à fin janvier. Un succès qui s'appuie en partie sur les difficultés de son concurrent mais qui a son revers: difficile pour l'avionneur européen de répondre au surplus de commandes de la part des compagnies aériennes.

"Améliorer la régularité des livraisons"

"On est dans une situation où on a vendu la production de la famille A320 jusqu'à 2025 et il est judicieux de noter que dans la période où notre concurrent a ses difficultés, un certain nombre de leurs clients viennent vers nous, on ne peut effectivement pas répondre à la demande à court terme. En revanche sur le long terme, on est ravi de prendre des clients, c'est une industrie de long terme et la gamme de produits qu'on a permet de répondre à beaucoup de demandes du marché, à presque toutes les demandes du marché. Donc c'est la raison pour laquelle, bien qu'on ait un carnet de commandes de 7500 avions, on a continué l'année dernière à prendre beaucoup de commandes et on a pris beaucoup de commandes au mois de janvier", explique sur BFM Business, Guillaume Faury, président exécutif du groupe Airbus.

Répondre au défi de ces hausses de commandes c'est également l'enjeu de la montée en cadence de la production. "Ce qui est important pour moi, c'est d'améliorer la régularité des livraisons et le caractère prévisible de ce qu'on livre à nos clients. (...) La chaîne de fournisseurs a beaucoup souffert dans la montée en cadence et on a eu un certain nombre de difficultés. Ce qu'on veut pour 2020 et les années suivantes, c'est avoir beaucoup plus de régularité, de fiabilité dans ce qu'on dit et aussi de performances industrielles et financières", a reconnu Guillaume Faury. 

Olivier Chicheportiche