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Nouvelle donne chez PSA

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Ce mardi 18 février se réunit le conseil de surveillance de Peugeot pour entériner le plan de sauvetage de l’entreprise. Il prévoit notamment la montée au capital de l’Etat et du Chinois DongFeng.

PSA se renouvelle. Ce mardi 18 février se réunit le conseil de surveillance de Peugeot pour entériner le plan de sauvetage de l’entreprise. Il prévoit notamment la montée au capital de l’Etat et du Chinois DongFeng de façon à ce que la famille, l’Etat et l’entreprise chinoise représentent chacun respectivement 14% du capital. Cela marque de fait l’échec d’une stratégie d’entreprise au sein d’une maison industrielle qui existe depuis 1810.

Peugeot, qui à la fin des années 70, avait passé des accords d’échanges d’actions avec Chrysler pour ne pas être nationalisé et qui dénonçait en 1981 les "socialo-communistes" va faire appel aux "socialo" français et aux "communistes" chinois.

Comment en est-on arrivé là ?

Parce que l’entreprise a accumulé les pertes. Sur le premier trimestre 2013 elle a perdu 430 millions. En deux ans, compte tenu des pertes mais aussi des dépréciations d’actifs, le besoin d’apport aura été de près de 4 Mds €. C’est donc 3 Mds € qui vont être apportés par la recapitalisation avec à la fin un partage du capital en trois blocs de 14% détenus respectivement par la famille, l’Etat français et une entreprise chinoise d’Etat.

A cela s’ajoute l’apport de la banque espagnole Santander pour recapitaliser PSA banque. Un des aspects les plus spectaculaires de la réorganisation est que non seulement le directeur général change mais la famille Peugeot devrait perdre aussi la présidence du conseil de surveillance au profit d’une personnalité choisie par l’Etat.

Quelle devrait être la suite des événements ?

Le choix de s’associer à une entreprise chinoise repose sur l’idée que, compte tenu de l’évolution des parcs automobiles mondiaux, la demande à venir est en Chine. On anticipe un marché mondial à l’horizon 2020 de 80 millions de ventes annuelles dont 25% en Chine. Les Européens et les Américains sont déjà équipées en auto, la demande se fait maintenant dans les pays encore en retard par rapport à eux.

Le problème est celui des pouvoirs relatifs des nouveaux intervenants. Il y a eu des débats au sein de la famille Peugeot et celui qui l’a emporté est celui dont le projet est davantage de défendre les intérêts patrimoniaux de la famille que l’attachement à la tradition industrielle. La famille est dans le monde des affaires depuis 1810 : elle a adapté en permanence ses produits et il est fort possible que Peugeot disparaisse en tant qu’entreprise automobile française mais que les Peugeot s’engagent dans d’autres activités.

Au-delà du cas de la famille, le plan adopté va rapidement devoir être soumis à l’avis de Bruxelles. Un Etat qui se mêle de sauver une entreprise en difficulté fausse la concurrence. Et déjà, les Allemands et les Italiens commencent à demander des précisions. On l’avait vu dans le bras de fer entre Sarkozy et la Commission au moment de l’affaire d’Alstom : les Français ont du mal à intégrer un raisonnement économique où la concurrence pousse à la disparition de certains pour en faire émerger d’autres. Mais le grand argument de Paris, c’est que même Washington a porté secours à General Motors…

Jean-Marc Daniel