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Nouvel échec des négociations avec les pilotes d'Air France

Air France s'oriente vers une grève.

Air France s'oriente vers une grève. - Dominuque Faget - AFP

"Un appel à cesser le travail a été lancé pour la période allant du samedi 11 au mardi 14 juin. Les discussions en cours entre la direction et les syndicats de pilotes pour trouver un accord sont dans l'impasse."

Les pilotes d'Air France et la direction n'arrivent pas à tomber d'accord. Les syndicats de pilotes représentatifs ont rejeté jeudi le nouveau protocole de fin de conflit transmis par la direction, quasiment "un copier-coller" du précédent, selon eux, qui ne contient "aucune proposition" permettant de lever la grève débutant samedi.

"Les propositions de la direction nous sont parvenues cette nuit: rien!", a résumé auprès de l'AFP Grégoire Aplincourt, le président du deuxième syndicat de pilotes à Air France (Spaf).

Pessimisme de mise

Ce rejet de la part des syndicats n'est pas une surprise. Ils s'étaient montré pessimistes mercredi au sujet de leur appel à la grève du samedi 11 au mardi 14 juin. Après s'être quittés vers 3 heures du matin dans la nuit de mardi à mercredi, la direction et les deux syndicats représentatifs, SNPL (65%) et Spaf (21%), se sont retrouvés mercredi plus tard dans la journée pour discuter des propositions formulées par Air France.

"Seules des mises au point ont été effectuées (mercredi) soir et les engagements ou avancées restent encore flous", a estimé Grégoire Aplincourt, président du Spaf (21% des voix), à l'issue d'une nouvelle rencontre avec la direction mercredi soir. 

Sur son site, la compagnie aérienne assure "privilégier le dialogue social pour trouver des solutions de compromis" et prévient ses passagers qu’il "est actuellement trop tôt pour connaître l'issue des négociations et les conséquences de ce mouvement". Et, à l'intention de ceux qui ont réservé dans un vol potentiellement impacté par cet appel à la grève, elle ajoute: "Dès lors que nous aurons une estimation précise du taux de mobilisation et des répercussions sur nos opérations, notre programme de vols sera adapté et publié la veille de votre voyage".

"De vagues promesses"

Les syndicats reprochent au projet de sortie de crise "de ne pas être acceptable en l'état". Emmanuel Mistrali, porte-parole du SNPL, fait état d'un "chemin encore très important à parcourir". "Il manque du concret", tranche Véronique Damon, également du SNPL, évoquant "des vagues promesses" qui ne sont pas suffisantes au vu du manque de fiabilité répété de la direction, assure-t-elle. Les discussions ont donné lieu à "beaucoup d'échanges, une bataille de chiffres", mais "pas vraiment de propositions", ou alors "très minimes", selon Fabrice Cueille, porte-parole du Spaf. "À ce stade je suis assez pessimiste", a-t-il dit à l'AFP. "La direction n'a pas la volonté" d'avancer des propositions concrètes, or les pilotes ne peuvent "pas se contenter de promesses", selon lui.

Les syndicats de pilotes français réclament notamment des garanties sur l'activité de la compagnie Air France, en perte de vitesse selon eux par rapport aux autres composantes du groupe Air France-KLM (Transavia, Hop! et KLM). Le futur PDG du transporteur franco-néerlandais, Jean-Marc Janaillac, se saisira du dossier dans les trois mois suivant sa prise de fonction, prévue début juillet, d'après plusieurs négociateurs syndicaux. Il s'agit d'un "engagement pour regarder le problème, pas pour le résoudre", regrette le porte-parole du Spaf.

D. L. avec AFP