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Normandie: un TER fou perd ses freins sur 19 kilomètres

Un Autorail Grande Capacité (AGC).

Un Autorail Grande Capacité (AGC). - Illustration - Wikimedia - CC - A1AA1A

La circulation des TER est perturbée ce jeudi en Normandie. Des agents de conduite exercent leur droit de retrait après qu'un train "a perdu ses capacités à s’arrêter" sur une distance de 19 km sur la ligne Abancourt-Rouen.

Dix-neuf longs kilomètres. C'est la distance qu'a parcouru mardi matin un train Autorail Grande Capacité sans freins et sans feux sur la ligne reliant Abancourt, près d'Amiens dans la Somme, à Rouen, en Seine-Maritime. Inquiets et choqués, des agents de conduite ont décidé jeudi d'exercer leur droit de retrait après l'incident. Conséquence, de fortes perturbations ont lieu sur le réseau TER en Haute et Basse-Normandie.

"Suite à un incident affectant un certain type de matériel roulant, des agents de conduite de la Région Normande ont fait valoir leur droit de retrait. Le trafic est perturbé sur la Région Haute et Basse Normandie", informe la SNCF sur son site.

"Un miracle"

Retour sur les faits. Le TER, de construction récente, avec sept passagers à bord, avait quitté tôt mardi matin la gare d'Abancourt, en direction de Rouen. Le premier arrêt de cet omnibus avait eu lieu sans problème puis il était reparti à une vitesse de 140 km/h vers la gare suivante. C'est alors, qu'apercevant deux vaches sur la voie, le conducteur a actionné le freinage d'urgence. Mais, sous l'effet du choc, le système électrique a été mis hors d'usage, le privant de tout moyen d'action.

"Le conducteur a perdu toute l'électricité. Il ne pouvait plus freiner, ni communiquer avec le centre opérationnel", a expliqué Marc Derrieu, de Sud rail. Avec son téléphone portable, l'agent de conduite a contacté le régulateur et regroupé les voyageurs à l'arrière de la rame, sur les conseils d'une contrôleuse. Mais le train a continué sur sa lancée. Il a notamment traversé à 90 km/h la gare de Serqueux, occasionnant des dégâts matériels, selon le syndicaliste. Heureusement, le convoi a ralenti en raison d'une côte. Lorsqu'il a été quasiment à l'arrêt, et avant qu'il ne reparte en sens inverse, le conducteur a sauté du train et placé des cales sous les roues.

Mais pourquoi une communication aussi tardive? "Cet incident a eu lieu dans une zone de faible circulation, ce qui a permis ce miracle, mais aussi cette non communication", explique un autre syndicaliste au quotidien La Manche Libre.

Une plainte visant l'éleveur des vaches

"Le conducteur a été très choqué le jour même et plus encore le lendemain", a assuré Marc Derrieu. Des agents de conduite utilisant le même matériel ont fait valoir jeudi leur droit de retrait.

La SNCF a déposé une plainte contre X, visant en premier lieu l'éleveur auquel appartenaient les vaches. "Comme en pareilles circonstances, les autorités compétentes ont été immédiatement saisies et une enquête interne a été diligentée", a indiqué la SNCF.

La rame, construite par le groupe canadien Bombardier, est examinée au technicentre de Sotteville-lès-Rouen. "Plus d'un millier de heurts avec des bovins et grands gibiers ont lieu chaque année sur l'ensemble du réseau ferroviaire", selon la SNCF. "C'est un événement exceptionnel puisque c'est la première fois qu'à la suite de ce type d'incident, le système de freinage ne répond pas correctement", a-t-elle ajouté.

M.G. avec AFP