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Michelin pointe le manque de compétitivité du quart de ses usines françaises

Michelin résiste bien au premier trimestre dans un contexte difficile

Michelin résiste bien au premier trimestre dans un contexte difficile - AFP

Un rapport interne pointe l’obsolescence de l’outil de production et l’absence de culture de la productivité dans ces usines. Les syndicats s'inquiètent d'éventuelles fermetures.

Michelin est-il en train de préparer le terrain pour des fermetures d’usines en France? Un rapport interne daté de septembre et présenté aux syndicats pointe en tout cas l’inadaptation de l’outil de production et l’absence de "culture de la productivité" dans quatre sites hexagonaux sur quinze, selon Le Monde qui s’est procuré le document.

Ce rapport pose clairement la question du "maintien, à terme, d’un tissu industriel aussi dense en Europe de l’Ouest". Outre l’usine historique de Clermont-Cataroux, trois autres unités sont épinglées dans le rapport : Cholet (Maine-et-Loire, spécialisée dans les pneus de tourisme et de camionnette), La Roche-sur-Yon (Vendée, spécialisée dans les poids lourds) et Avallon (Yonne, spécialisée dans le rechapage des pneus poids lourds). Soit 2000 emplois sur un effectif global de 23.000 salariés dans l'Hexagone.

"C’est la première fois que nous avons le courage de partager avec les organisations syndicales et avec la direction des usines une vision stratégique sur la totalité d’un pays. Nous allons maintenant faire descendre ce diagnostic sur le terrain et solliciter l’ensemble du corps social de chacune des usines", souligne Jean-Paul Chiocchetti, le directeur de Michelin France, cité par le quotidien.

Ventes de pneus en hausse depuis 2005

Le numéro deux mondial du pneu a déjà fait le constat de la baisse de productivité dans certains de ses sites. Mais cette fois, certains syndicats estiment que ce rapport pourrait préfigurer une annonce de fermetures. "La transparence est une chose, mais l’aspect négatif, c’est qu’il y a des craintes pour certains sites", indique Jean-Christophe Laourde, délégué CFE-CGC. Rappelons que depuis 2009, Michelin a fermé neuf sites en Europe, dont trois en France.

Pour autant, interrogé par Les Echos, une porte-parole du groupe conteste tout projet de fermeture à court terme. "Il s'agit d'une démarche d'anticipation, les travaux s'étaleront sur 4 ou 5 ans", affirme-t-elle. 

Dans son rapport, Michelin met en avant les évolutions du marché et la pression concurrentielle qui s’intensifie. Pour autant, la tendance reste positive. Selon le syndicat national du caoutchouc et des polymères, les ventes de pneus en France ont progressé de 8% entre 2005 et 2018 à 31 millions d’unités. Mais les importations sont en forte hausse. Ainsi, dans le segment des pneus pour poids lourds, les importations venant de Chine sont passées de 86.000 unités en 2012 à 214.000 en 2018.

Au premier semestre 2019, Michelin affichait un chiffre d'affaires en hausse de 11% sur un an à 11,781 milliards d'euros pour un résultat net en baisse de près de 8% à 844 millions d'euros.

Olivier CHICHEPORTICHE