BFM Business

Michelin et Faurecia: une même crise pour deux situations opposées

Yann Delabrière indique que Faurecia va diminuer le poids de l'Europe dans ses ventes

Yann Delabrière indique que Faurecia va diminuer le poids de l'Europe dans ses ventes - -

Les patrons des deux grands équipementiers automobiles sont revenus sur leurs résultats financiers, sur BFM Business, ce mardi 12 février. Si le fabricant de pneumatiques connaît une tendance favorable, la filiale de PSA souffre.

Le marché automobile européen est en crise avec des répercussions évidentes sur les équipementiers et les sous-traitants. L’année 2012 avait ainsi été ponctuée par une baisse des ventes de 8,2%, au plus bas depuis 1995.

Mais certains s’en sortent mieux que d’autres. Faurecia a ainsi connu une année 2012 difficile qui l’oblige à renoncer aux dividendes quand Michelin a vu son bénéfice opérationnel bondir de 25%.

Pour Faurecia, les difficultés s’expliquent, sans surprise par la faiblesse du marché sur le Vieux Continent. Invité de l’émission Good Morning Business de BFM Business, ce mardi 12 février, son PDG Yann Delabrière rappelle ainsi que le groupe vit une période où les marchés "sont éclatés entre deux extrêmes avec des fortes croissance (de nos ventes, ndlr) de 41% en Amérique du Nord et de 25% en Asie, et un recul de 7% en Europe".

Ce dernier chiffre a été plus fort que les anticipations de la société qui tablait sur un recul du marché européen de 3%. Mais "cette contraction s’est fortement accélérée au second semestre", rappelle-t-il.

Problème : l’Europe constitue 58% des ventes de la filiale de PSA, même si cette part est en baisse. Son PDG indique que ce niveau est tombé à 52% au second semestre.

A terme, le groupe va clairement se redéployer pour aller chercher la croissance là où elle se situe. "Nous allons rapidement vers un équilibre entre trois grand pôles que sont l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord où chaque marché aura une taille équivalente ", explique Yann Delabrière. Faurecia espère un rebond de ses ventes pour 2013, malgré un marché automobile qui ne rebondira pas.

Michelin plus connu en Chine qu'en France

A l’inverse Michelin a déjà opéré ce recentrage. Jean-Dominique Sénart, également invité de BFM Business, ce mardi 12 février, rappelle les bons résultats 2012 du groupe : un bénéfice opérationnel en hausse de 25% et des ventes en légère progression.

"Cette situation n’est pas un hasard. Elle résulte de la mise en œuvre de notre stratégie constante fondée sur l’innovation et la croissance internationale, ce qui pour nous a été deux précieux atouts en 2012, alors que les marchés n’étaient pas porteurs", lance-t-il.

Concernant l’innovation, il explique que le groupe a fait le choix très tôt, en 2007 et 2008, de monter en gamme et affirme que "Michel est la première société de pneumatique premium au monde’’.

Quant à l’internationalisation, Jean-Dominique Sénart rappelle que 30% des ventes de Michelin se font sur des marchés à forte croissance, citant la Thaïlande et la Chine. Dans ce dernier pays, il assure que "la marque Michelin est la marque la plus connue du secteur automobile". "Ainsi, Michelin est plus connu en Chine qu’en France". Pour 2013, Michelin table sur des résultats stables.

Le titre de l'encadré ici

|||Faurecia "prêt à toute éventualité"

Des analystes financiers ont récemment publié des notes qui émettaient l'hypothèse d'une vente de Faurecia par sa maison-mère PSA, afin de se renflouer, alors que le constructeur automobile brûle 100 millions d'euros de cash par mois pour privilégier son activité.

Yann Delabrière n'a pas exclu cette hypothèse et a affirmé que son groupe est prêt "à toute éventualité", y compris une cession par PSA, son principal actionnaire avec 55% des actions détenues.

Julien Marion