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Marwan Lahoud (EADS): "il faut réduire les doublons"

Marwan Lahoud, le directeur délégué d'EADS, était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journa, ce 14 novembre 2013.

Marwan Lahoud, le directeur délégué d'EADS, était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journa, ce 14 novembre 2013. - -

Le directeur délégué d'EADS était sur BFM Business ce 14 novembre, jour de fin d'un comité européen exceptionnel de trois jours chez le géant de l'aéronautique. Il y a détaillé la réorganisation à venir.

EADS a de nouveau relevé ses prévisions de commandes d'Airbus ce jeudi 14 novembre, à 1.200 appareils en 2014, et a publié un bénéfice en hausse de 45% sur le troisième trimestre. Le directeur délégué du groupe, Marwan Lahoud, était sur BFM Business ce même jour.

Ila notamment détaillé la réorganisation dans laquelle se lance le géant européen de l'aéronautique.

Elle ne touchera que "trois divisions", précise-t-il. L'actuel EADS va devenir "Airbus group", une structure dont Marwan Lahoud reste le directeur délégué.

Le changement majeur induit par cette réforme au sein du groupe est le regroupement, sous le nom d'Airbus Défense Espace, d'Astrium, de Cassidian et d'Airbus Military. C'est-à-dire les activités spatiales, d'électronique de défense, et d'avions de transports.

Stagnation du marché de la défense

Bien sûr, ce choix est une des conséquences de l'échec de la fusion avec le Britannique BAE Systems, admet-t-il. Il résulte aussi de la prise en compte de "la stagnation du marché de la défense", alors que le marché du civil, lui, continue de croître.

Le groupe est par ailleurs parti du constat qu'en faisant "un peu de défense" dans toutes ses branches, il "minimisait son rôle en tant qu'acteur de la défense". Il s'est posé la question de "sortir de cette activité", assure Marwan Lahoud, avant de finalement décider "d'y rester et de s'y consolider".

La nouvelle division emploie 40.000 personnes et fait 14 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Une entreprise "de défense et d'espace tout à fait respectable", se félicite-t-il. Après réductions d'effectifs toutefois puisque, "quand vous faites une division à partir de trois, il faut réduire les doublons", explique Marwan Lahoud.

Une réduction des cadences sans nouvelle commande d'A380

Quant à la rentabilité du groupe, qui reste inférieure à celle de son concurrent Boeing, l'objectif est de 10% de marge opérationnelle en 2015. "Je suis très confiant, nous allons y arriver", martèle-t-il.

Malgré la baisse des prévisions de ventes de l'A380 annoncée ce jeudi. Dans ce domaine "on peut faire des prévisions, mais pas de prédictions", souligne Marwan Lahoud, qui refuse toutefois de parler d'erreur d'analyse des besoins concernant le lancement du très gros porteur.

En cause, les déboires techniques de l'appareil qui ont "cassé la dynamique", pourtant "très bonne au départ" des commandes. Tandis que la crise freine la reprise. Le directeur délégué d'EADS reconnaît que si le marché ne redémarre pas d'ici la fin de l'année 2013, avec le Salon de Dubaï en ligne de mire, il faudra "réduire la cadence" de production.

N.G.