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Mariage Siemens-Alstom: "une opération formidable" pour Henri Poupart-Lafarge

Henri Poupart-Lafarge, aujourd'hui PDG d'Alstom et demain de l'ensemble Siemens-Alstom, était l'invité de BFMTV. Il s'est dit étonné des réactions négatives à l'annonce du mariage des deux groupes.

Le mariage entre Alstom et Siemens est maintenant officiel. Un rapprochement entre ces deux groupes avait déjà été étudié en 2014, mais avait échoué, à la faveur du rapprochement d'Alstom avec l'américain General Electric. C'est dorénavant chose faite. "C'est une opération formidable", s'est réjoui sur le plateau de BFMTV Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom. "Il nous a semblé opportun de joindre nos forces pour créer un leader".

En effet, Alstom et Siemens ont justifié le regroupement de leurs activités ferroviaires par la montée en puissance d'une forte concurrence chinoise. "Et pour offrir les meilleures solutions aux clients", précise Henri Poupart-Lafarge. Le nouveau groupe sera "le leader global dans les solutions de transport".

"En quoi cela peut-il être interprété comme une mauvaise nouvelle?"

Mais la prise de contrôle de ce fleuron industriel français par le groupe allemand suscite en France critiques et craintes sur l'emploi. "Je suis surpris de ces réactions", s'est étonné le futur PDG du nouvel ensemble. "Il y aura un leader mondial dans le ferroviaire et il aura son centre de décision en France. En quoi cela peut-il être interprété comme une mauvaise nouvelle?"

Interrogé sur de possibles doublons, Henri Poupart-Lafarge répond qu'aujourd'hui "il y a très peu d'offres où on se retrouve face à face. Nous sommes complémentaires". Toutefois, il avoue qu'il "y aura des optimisations à faire". "Il est vrai que sur la structure du groupe, il n'y aura qu'un seul directeur financier, qu'un seul directeur des ressources humaines, donc il y aura dans ce qui est les fonctions supports des optimisations à faire".

"Mais pour ce qui est de la structure productive" et de l'ingénierie, a-t-il poursuivi, l'alliance "renforcera les deux groupes". "La garantie de l'emploi, la garantie des sites industriels repose d'abord et avant tout sur la réussite du groupe", a encore affirmé le PDG d'Alstom, qui prendra la tête du nouveau groupe ferroviaire après la fusion avec Siemens. "Toutes ces périodes sont par définition (...) anxiogènes, et donc je trouve que c'est sain que nous prenions des engagements de garantie de l'emploi pour les quatre ans", a-t-il encore jugé.

L'État français a assuré avoir obtenu des "garanties solides", selon le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire: maintien de l'emploi et des sites industriels pour une durée de quatre ans, cotation du groupe à Paris, maintien du siège social en France et sa direction par un PDG français.

D. L.