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Lufthansa se sépare d'une quarantaine d'avions qu'il ne fera plus voler

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Le géant allemand du transport aérien a annoncé mardi qu'il s'apprêtait à se séparer d'une quarantaine d'avions et à fermer sa filiale Germanwings, à cause de la pandémie.

Les compagnies aériennes subissent de plein fouet les répercusssions économiques liées au coronavirus. Le 24 mars dernier déjà, l'Association internationale du transport aérien (Iata) revoyait à la hausse ses prévisions concernant les pertes que pourraient enregistrer le secteur à cause du coronavirus en 2020. Elle estimait que la filière pourrait être privée de 252 milliards de dollars de revenus à l'échelle mondiale.

Lufthansa n'a pas été épargnée. La compagnie allemande a annoncé ce mardi dans un communiqué avoir décidé de "durablement réduire" la taille de sa flotte et de fermer, dans le même temps, sa filiale Germanwings.

Pas de reprise rapide en perspective

Confronté à la chute drastique du trafic aérien, le groupe compte en effet "réduire de manière permanente ses capacités" de transport. Au moins 42 avions courts, moyens et long-courriers seront retirés de la flotte composée de 763 machines actuellement.

Cela inclut six Airbus A380, dont la vente au constructeur était "de toute façon prévue à partir de 2022", précise Lufthansa. Onze Airbus A320, sept A340-600 et cinq Boeing 747-400 qui vont être retirés de la flotte de la compagnie éponyme Lufthansa tandis qu'Eurowings doit perdre dix A320.

Clap de fin pour Germanwings

Par ailleurs, "les opérations de vol de Germanwings vont être arrêtées", ajoute la compagnie.

Depuis plusieurs années déjà, Germanwings n'était plus une compagnie à part entière mais intégrée dans la filiale low-cost Eurowings de Lufthansa. Le groupe avait annoncé précédemment son intention de faire disparaître la filiale. C'est désormais officiel.

Le syndicat des pilotes VC a "dénoncé" la fermeture de Germanwings, invoquant "une restructuration sur le dos des employés". "Aucune filiale de Lufthansa n'est responsable de la crise", ont écrit plusieurs syndicats du groupe lundi dans une lettre ouverte, évoquant le "danger existentiel" auquel sont confrontés les employés et craignant un "sacrifice de certains" dans la restructuration.

60% du personnel en chômage partiel

Plus de 60% du personnel du groupe Lufthansa, soit 87.000 employés, sont ou seront inscrits au chômage partiel, dont 62.000 en Allemagne.

La capacité de transport, soit le nombre de sièges proposés sur ses avions, a été réduite à seulement 5% et 700 des 763 avions sont actuellement cloués au sol, entreposés dans plusieurs aéroports et notamment sur une piste d'atterrissage à Francfort.

Austrian Airlines, qui n'opère plus de vols réguliers jusqu'au 3 mai au moins, et la filiale belge Bruxelles Airlines "travaillent" à la réduction de leurs flottes. Swiss va également "ajuster" le nombre d'avions. La quasi-intégralité des contrats de location "wet lease" avec des compagnies tierces ont été annulés.

Lufthansa est en discussions avec Berlin, Bruxelles, Bern et Vienne pour "assurer la liquidité", a indiqué une porte-parole lundi, sans détailler. "Plus la crise dure, moins il est probable que l'avenir de l'aviation puisse être garanti sans aides publiques", avait averti le patron, Carsten Spohr, en mars.

Selon l'Iata, jusqu'à 200 milliards de dollars seront nécessaires pour soutenir le secteur aérien.

JCH avec AFP