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"Les taxis ont un avenir", et c'est Uber qui le dit

Pour Grégoire Kopp, la concurrence doit se faire entre les centrales de taxis et les applications VTC, pas entre les chauffeurs.

Pour Grégoire Kopp, la concurrence doit se faire entre les centrales de taxis et les applications VTC, pas entre les chauffeurs. - Thomas Oliva - AFP

Les taxis ont-ils un avenir? Uber y croit fermement. Grégoire Kopp, porte-parole d'Uber France rappelle que, comme les consommateurs, les chauffeurs de taxis ont tout à gagner d'un rapprochement avec les VTC.

"Il faut absolument sortir de cet affrontement entre chauffeurs de taxis et VTC qui ne mène nulle part". Cet appel au calme n‘a pas été lancé par le gouvernement dont le silence sur le sujet est assourdissant. C’est Uber qui le formule en s’appuyant sur la proposition faite mercredi 20 janvier aux chauffeurs de taxis pour qu'ils rejoignent ses rangs. La société répond ainsi aux propos de Serge Metz, PDG de Taxi G7 qui accuse le géant californien de développer des emplois précaires avec la bénédiction du gouvernement.

"Ce n’était en rien une provocation, nous a assuré Grégoire Kopp, porte-parole d’Uber France. Aujourd'hui, les taxis s'interrogent sur leur avenir, alors qu'on constate un boom du transport à la demande. Le Conseil constitutionnel a décidé que les taxis pouvaient aussi avoir la casquette de VTC. Il n'y a aucune raison que les taxis ne puissent pas être commandés en utilisant des applications et avoir accès à plus d'opportunités économiques. Oui : les taxis ont un avenir !".

Pour Grégoire Kopp, "les taxis conserveront toujours le monopole de la maraude. Il y aura toujours des gens qui héleront un taxi dans la rue, surtout en France, première destination touristique mondiale. Mais lorsque les chauffeurs de taxis ont une période de creux, ils peuvent changer de casquette et être commandés en tant que VTC."

"Chauffeurs et passagers ont tout à y gagner"

Pour appuyer son argument, Grégoire Kopp sort les chiffres de croissance des deux activités. Selon un expert du secteur, ils seraient de 1 à 2% chez les taxis quand elle atteint 15 à 20% chez les VTC.

"La concurrence doit avoir lieu entre les plateformes de réservation: les centrales de taxis et les applications VTC, pas entre les chauffeurs. Les chauffeurs et les passagers ont tout à gagner de cette concurrence. C'est aux plateformes, aux centrales de taxis, d'offrir les meilleures conditions pour que les chauffeurs aient envie de travailler avec eux".

Et Grégoire Kopp de rappeler que cette proposition ne date pas d’hier. "Nous l’avons faite dès notre lancement en France (en 2011, NDLR), et c’est là que le conflit avec leur centrale, la G7 qui détient aussi Taxis Bleus, a vraiment démarré."

Mercredi 20 janvier, sur BFM Business (vidéo ci-dessous), Yann Hascoet, fondateur de Chauffeur Privé, soutenait la proposition d'Uber France. Face à lui, Yann Ricordel, directeur général des Taxis Bleus, la rejette en bloc. Pour lui, Uber reste "un acteur mondial qui veut renverser les règles". Et, comme Serge Metz, pas question d'accueillir les VTC dans leurs entreprises. "Les taxis sont nos partenaires et nos clients depuis 55 ans. Nous n'avons pas l'intention de leur faire faux-bond."

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco