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Les sociétés d’autoroutes se défendent face aux critiques

Les sociétés d'autoroutes ont décidé de contre-attaquer après les déclarations d'Emmanuel Macron assurant vouloir changer la formule des tarifs.

Les sociétés d'autoroutes ont décidé de contre-attaquer après les déclarations d'Emmanuel Macron assurant vouloir changer la formule des tarifs. - Ilan Garzone - AFP

Organisé par Vinci, un colloque a rassemblé mercredi les différents acteurs du secteur autoroutier. Le tout afin de défendre un modèle qui assure de juteux bénéfices, mais qui nécessite de lourds investissements.

Face aux nombreuses critiques dont elles font l’objet, les sociétés d’autoroutes comptent bien faire valoir leurs arguments. C’est en tout cas l‘objectif d’un colloque organisé mercredi 19 novembre par le groupe Vinci, qui tombe opportunément le jour de la présentation du rapport d'étape d'une mission parlementaire sur le sujet.

L'heure est en effet à la contre-offensive, au moment où le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a promis de renforcer la régulation dans tous les secteurs et de "baisser les tarifs là où c'est possible".

Vinci avait donc invité à débattre acteurs et spécialistes du secteur, ainsi qu'une poignée de responsables politiques, tous favorables au système des concessions. "Il faut garder confiance dans les concessions et sortir de cette critique sûrement excessive des sociétés d'autoroutes", a ainsi jugé Philippe Duron, député socialiste du Calvados.

L'ex-secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau (UMP) a de son côté fustigé le "déclinisme du gouvernement actuel sur les infrastructures" et la "chasse aux sorcières" alimentée, selon lui, par les critiques de la Cour des comptes et "un rapport à charge de Terra Nova, qui est une horreur absolue".

Des hausses de tarifs "un peu supérieures" à l'inflation

Le recours au privé est une nécessité pour les Etats développés à faibles marges de manoeuvre budgétaires, ont plaidé les intervenants. Au niveau mondial, seuls 2.800 milliards de dollars d'infrastructures sont financés à l'heure actuelle, contre des besoins estimés à 4.300 milliards, selon une étude du Boston Consulting Group (BCG).

Les hausses tarifaires ont-elles été excessives depuis la privatisation en 2006 ? De 2007 à 2014, elles ont été de 1,81% par an contre 2,06% entre 2000 et 2006, soit "un peu supérieures à l'inflation" (1,43% à partir de 2007 et 1,63% avant), a quant à elle chiffré l' Association des sociétés françaises d'autoroutes (Afsa).

En outre, "les règles de fixation des tarifs sont restées les mêmes" et "il est pernicieux de dire qu'elles auraient été extorquées à l'Etat", alors que le gouvernement contrôle ces tarifs, a estimé Pierre Coppey, président de Vinci Concessions (et de l'Afsa).

Les concessionnaires à la merci des taux d'intérêt

Les bénéfices des sociétés d'autoroutes sont-ils excessifs ? Sur 100 euros de chiffre d'affaires, le résultat d'exploitation (Ebitda) ressort à 64 euros soit 64%, "comparable à ce qu'il est en Europe", selon un expert du cabinet Deloitte convié pour l'occasion. Le résultat net, lui, est de 18%.

"Un euro de chiffre d'affaires fait 20 centimes de résultat net mais il faut un investissement de 5 euros", a ainsi affirmé Pierre Coppey. Sur la durée d'une concession, "la rentabilité sera de 7% par an si tout va bien, elle sera négative si tout va mal, c'est-à-dire si les taux d'intérêt montent et si le trafic baisse", a-t-il martelé, en appelant le gouvernement "à ne pas jouer aux apprentis sorciers".

Y.D. avec AFP