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Les rémunérations des patrons de l'automobile flambent

La rémunération de Sergio Marchionne, PDG de Fiat Chrysler, a dépassé les 30 millions d'euros l'an passé

La rémunération de Sergio Marchionne, PDG de Fiat Chrysler, a dépassé les 30 millions d'euros l'an passé - Giuseppe Cacace - AFP

Six grands dirigeants du secteur ont vu le montant total de leurs rémunérations dépasser les 10 millions d'euros l'an passé, rapportent Les Echos ce lundi 29 juin, en se basant sur les rapports annuels des sociétés. Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, pointe au cinquième rang, Carlos Tavares, son homologue chez PSA, est loin.

Secteur largement malmené par la crise, l'automobile se remet peu à peu sur les bons rails. Signe de la meilleure santé de l'industrie, les rémunérations des dirigeants ont flambé l'an passé, rapportent les Echos ce lundi 29 juin, en se basant sur les rapports annuels des différentes entreprises.

Pas moins de six patrons de grands groupes automobiles ont ainsi vu leur rémunération (salaire fixe mais aussi bonus et rémunération variable de long terme) dépasser les 10 millions d'euros. La première place revient sans trop de surprises au PDG de Fiat Chrysler, Sergio Marchionne avec pas moins de 31,31 millions d'euros au total. Cette rémunération sans précédent s'explique en très grande partie par une prime exceptionnelle de 24,7 millions d'euros versées par les actionnaires en raison du succès de la fusion entre Fiat et Chrysler. A cette prime s'ajoute un salaire de 6,6 millions d'euros, dont 2,5 millions de fixe.

Au second rang figure le patron de Hyundai Chung Mong-koo dont la rémunération est "gonflée par ses mandats dans les filiales du conglomérat", expliquent les Echos. La ventilation de sa rémunération entre fixe et bonus n'est pas connue.

La transparence comme vecteur d'inflation

Viennent ensuite les émoluments de Mark Fields (16,6 millions d'euros) et de Martin Winterkorn (15,9 millions d'euros), respectivement à la tête de Ford et du groupe Volkswagen. Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, ferme le top 5 avec 14,7 millions d'euros, avec une répartition assez similaire pour ses deux casquettes (7,2 millions d'euros chez Renault, 7,5 millions chez Nissan). Mary Barra, la patronne de General Motors, talonne Carlos Ghosn avec ses 14,4 millions d'euros.

A côté de ces émoluments relativement impressionnants, la rémunération de Carlos Tavares, le président du directoire de PSA, fait pâle figure (2,7 millions d'euros). Elle reste toutefois plus élevée que celle de Philippe Varin, qui avait renoncé à son bonus en raison des efforts que PSA devait fournir pour redresser sa situation, rappellent les Echos.

Plus globalement, une explication possible de l'envolée de ces rémunérations est peut-être la publication des rémunérations des grands dirigeants des entreprises automobile. "La politique de rétention des talents dans les groupes fait monter les salaires car ils veulent s'ajuster sur la concurrence", explique ainsi aux Echos Florian Delègue, chargé de l'automobile chez le cabinet de chasseurs de tête Heidrick & Struggles.

J.M.