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Les profits record Air France-KLM tombent mal

La compagnie aérienne a publié ce jeudi les meilleurs résultats trimestriels de son histoire. Au même moment, Air France réclame de nouveaux efforts de productivité, faute de quoi elle supprimera près de 3.000 postes.

Comment convaincre les employés d'Air France de concéder de nouveaux efforts alors que la compagnie ne s'est jamais aussi bien portée? Air France-KLM a publié ce jeudi des profits trimestriels historiques. Le groupe a dégagé au 3ème trimestre un bénéfice net de 480 millions d'euros. Il y a un an, le groupe avait dû se contenter de 86 millions. Mais, surtout, il n'avait jamais réalisé une telle performance.

En toute logique, la compagnie devrait afficher un résultat positif sur l'ensemble de l'année 2015. Mais cette bonne nouvelle n'est pas parvenue à convaincre les investisseurs. Vers 14 heures 30, le titre perdait plus de 4,5%. Les analystes ne pensent pas qu'une hirondelle puisse annoncer le printemps. "Sans clarté sur la manière dont Air France-KLM va parvenir à se restructurer pour réduire ses coûts de manière durable, quand bien même il y parviendra, nous maintenons notre recommandation à vendre", écrit par exemple Liberum dans une note.

La direction insiste sur les performances de KLM

La chute du titre en Bourse suffira-t-elle à convaincre les syndicats qu'ils ne peuvent pas mettre en avant ces bons résultats dans les négociations toujours en cours? Rien n'est moins sûr. Ces négociations restent empreintes de tensions, que n'ont pas atténuées les évènements violents du 5 octobre dernier. Le puissant syndicat des pilotes, SNPL, évoque déjà ce jeudi des résultats qui sont le "fruit des efforts des salariés depuis 2012".

Ces résultats positifs sont pourtant à prendre avec prudence. La direction du groupe insiste sur le fait que l'essentiel de cette performance est à mettre au crédit des bonnes performances de KLM.

Comment rembourser la dette et renouveler la flotte?

De surcroît, si ces résultats constituent une très bonne nouvelle, ils ne permettent toujours pas au groupe d'aborder sereinement l'avenir, assure la direction. Impossible, dans les conditions de productivité actuelle des salariés, d'accélérer la réduction de la dette du groupe, qui dépasse les 4 milliards d'euros, et de moderniser en même temps la flotte d'avions.

Autre réalité: Si Air France-KLM est de retour dans la course, le groupe reste largement distancé par ses principaux concurrents européens. Avec près de 1,5 milliard d'euros de résultat net, Lufthansa fait plus de trois fois mieux que le franco-néerlandais sur la même période. IAG, la maison mère de British Airways et Iberia, devrait publier des résultats proches de ceux du géant allemand.

Ainsi, la direction d'Air France-KLM n'en démord pas. Elle martèle que la filiale française doit gagner en productivité. Elle table toujours sur des accords d'ici au mois de janvier, sinon quoi elle mettra en œuvre son fameux "plan B" dès 2017, une cure d'austérité qui prévoit 2.900 suppressions de postes.

Mathieu Sevin, édité par N.G.